Le Fils de Saul (Saul Fia) : Critique

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Découvrez notre critique de Le Fils de Saul, premier long-métrage de László Nemes, primé au Festival de Cannes cette année.

SYNOPSIS

“Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d’assister les nazis dans leur plan d’extermination.”
(Source : Allociné)

LE FILM

Réalisateur : László Nemes
Scénario : László Nemes, Clara Royer
Photographie : Mátyás Erdély
Casting : Géza Röhrig, Levente Molnár, Urs Rechn, Todd Charmont

Sortie française : 4 Novembre 2015

CRITIQUE

Présenté pour la première fois au Festival de Cannes 2015, le tout premier long métrage du hongrois László Nemes a triomphé au Festival en remportant le Grand Prix. Une grosse surprise que nous avions envie de découvrir à l’occasion de sa sortie en salles quelques mois plus tard en France.

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Autant vous dire que Le Fils de Saul nous a un peu plombé le moral lorsque nous l’avons vu ce week-end. Le film aborde un sujet tragique et lourd qu’est la Shoah à travers un oeil nouveau scénaristiquement, le Sonderkommando (voir synopsis) et un point de vue visuel plus qu’intéressant.

Il est toujours un peu difficile de parler de ce genre d’évènements tragiques. Mais la manière dont le fait László Nemes est extrêmement audacieuse et intéressante. En réduisant son cadre spatial et en choisissant de filmer son acteur en gros plan avec un axe de dos, le réalisateur fait le choix d’obscurcir la visibilité du spectateur en nous mettant des œillères visuelles.

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Ainsi, nous sommes prisonniers de ce cadre et nous ne pouvons presque pas voir tous les événements se déroulant autour. L’horreur est ainsi présente pendant toute la durée du film, mais celle-ci est écartée de notre champ de vision. On peut ainsi penser que László Nemes essaie d’adopter un point de vue personnage en montrant ainsi que Saul, lui-aussi, ne veut pas assister aux horreurs auxquelles il participe en limitant son champ de vision.

Mais plus que ce choix de mise en scène, le film nous capture aussi avec l’ambiance de ce lieu en nous plongeant dans un labyrinthe où il est impossible de se retrouver avec de nombreux plans-séquences dans les sous-sols du camp (mais pas que). Ce sentiment est accentué par des mouvements de caméra virevoltant, comme un homme qui tente de se raccrocher à quelque chose sans jamais trouver quoi.. On a rajouté à cela un mixage audio qui permet d’entendre tout ce qu’il se passe autour et vous avez le cocktail parfait (façon de parler) pour vous sentir mal.

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Mais plus que la mise en scène impeccable, László Nemes tente de raconter l’histoire d’un homme, qui dans une situation désespérée va tenter de se réfugier dans une pensée positive, un plan où il risquera sa vie. Trouver un rabbin et tenter d’enterrer son fils. La question de savoir si c’est son fils ne sera jamais répondue puisque ce n’est pas le sujet. Le Fils de Saul tente de montrer ce qu’un homme est prêt à faire pour tenter de s’extirper d’une situation épouvantable. Mais la réalité des événements le rattrapera très vite…

Difficile de rester indifférent devant Le Fils de Saul, László Nemes signe ici un excellent premier long métrage avec une inventivité folle au niveau de sa mise en scène et une histoire tragique et horrible, mais nécessaire.

BANDE-ANNONCE

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