Nasty Baby : Critique

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SYNOPSIS

« Freddy et Mo, un couple de Brooklyn qui, pour avoir un enfant, se fait aider par une amie, Polly. Le film suit l’aventure du trio vers la parentalité, et son quotidien dont l’équilibre est de plus en plus menacé par ‘L’évêque”, un voisin qui les harcèle. »
(Source : Allociné)

LE FILM 

Réalisation : Sebastián Silva
Scénario : Sebastián Silva
Casting : Kristen Wiig, Sebastián Silva, Tunde Adebimpe, Mark Margolis…

Présenté au Champs-Élysées Film Festival 2015

Sortie française : NC

CRITIQUE

Deux ans après Magic, Magic, d’aspiration polanskienne, et six ans après le très bon La Nana, Sebastian Silva, réalisateur américain d’origine chilienne, accouche de son dernier né Nasty Baby, présenté avec entrain au dernier Champs-Élysée Film Festival. Toujours aussi habile dans les digressions narratives, et les variations de ton, son cinéma singulier chahute les repères des spectateurs, dont les émotions vont de l’excitation à la frustration, pour finir sur un sourire. Un cinéma qui invite à s’attendre à tout puisqu’il ne faut rien en attendre.

NB2

Ne vous attendez pas à un film politique, il n’en est pas question avec Nasty Baby. Le réalisateur ne militant pas pour l’homoparentalité, ou la coparentalité qu’ils considèrent à juste titre comme acquis. Par ailleurs fort de ses convictions, ce sujet de société n’en est qu’un parmi d’autres, et sert de toile de fond au théâtre des évènements à venir, dans ce quartier de Brooklyn où Sebastian Silva se met lui même en scène. Moquant le procédé même de « inspirée d’une histoire vraie », le réalisateur en joue, n’hésitant pas à diriger son frère dans le même rôle à l’écran, et en faisant se dérouler son film, lieu du drame, dans son propre appartement.

Si le film ne questionne pas directement le spectateur sur les sujets mentionnés ci-dessus, il offre tout de même un regard subtil sur la question de la parentalité en général, offrant une certaine universalité au récit. Rythmé principalement par les questionnements de Freddy quant à sa démarche arty (le personnage préparant une performance où il se met dans la peau d’un bébé), et son obsession de devenir père, dans un quartier où les enfants semblent avoir envahit les rues, c’est par un autre sujet de société que le film vient subitement être malmené dans son parcours jusqu’alors paisible. Il est question dans ce film de vivre ensemble, et de gentrification qui va faire basculer le film dans le thriller de façon fulgurante. La réalisation reste dans la simplicité, mais aurait peut-être gagnée à se complexifier, ce qui aurait rendu le virement plus intense.

NB1

Pur produit du cinéma indépendant new-yorkais, le film surprend par sa liberté, sa construction décousue donnant une sensation de flottement alternée par des ruptures de tons bien sentis, bousculant le spectateur, le crispant, comme lorsque l’on passe mal la 4ème en rentrant sur une bretelle d’autoroute. Si le côté fait-maison d’un entre-soi pourra en irriter certains, voir Sebastian Silva l’assumer à ce point, en rire, pour proposer ce mélange des genres, pas toujours bien accomplis, mais généreux, s’avère franchement réjouissant.

BANDE ANNONCE

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Lucas Guthmann

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