[LUNDI ANIM] Etat des lieux de l’animation Chinoise

Comme tous les ans, l’animation chinoise a encore été un sujet au festival d’Annecy. Avec des sorties récentes comme Monkey King: Hero is Back et Monster Hunt, le box-office chinois est loin d’être insignifiant.

Le sujet ne porte plus tellement sur comment les entreprises étrangères peuvent faire plus d’entrées et distribuer leur film sur le marché chinois, mais plutôt de la hausse d’investissements chinois dans le contenu et la création d’une propriété intellectuelle chinoise forte et puissante mondialement.

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Parmi les principaux investisseurs, il y a Wanda Group qui construit un studio de film d’une valeur de 9 milliards de dollars et un parc à thème à la Disney.
George Wang, créateur de Tudou, a ouvert Light Chaser, un nouveau studio d’animation avec pour ambition de devenir l’équivalent chinois de Pixar. Le premier film du studio entièrement animé par ordinateur, Little Door Gods (initiallement appelé The Door Guardians) est prévu en Chine pour le 1er janvier 2016 .

Et Oriental DreamWorks, la filiale chinoise créée par DreamWorks Animation SKG et China Media Capital a accéléré la cadence pour sortir leur première coproduction Kung Fu Panda 3 pour début 2016.

Il a bien été compris cette année à Annecy, que les studios chinois, petits ou grands, avaient l’intention de prendre leur part du box-office. Serait-ce le début d’un grand changement dans l’industrie de l’animation chinoise.

La Chine a produit peu de blockbuster d’animation. Certains films comme Boonie Bears to the Rescue et son sequel, Boonie Bears: Mystical Winter ont tous les deux atteint les 40 millions de dollars au box-office chinois. Ils font ainsi partie des plus gros succès d’animation chinoise. D’autres films comme The Pleasant Goat, Big Wolf 6 et Balala the Fairy ont en revanche eu un résultat au box-office très moyen en comparaison. Aucun de ces films n’a un niveau de qualité, de créativité très élevé en plus d’un revenu moyen à côté des blockbusters étrangers. Cela est en grande partie dû au fonctionnement de l’industrie de l’animation chinoise.

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Les grands diffuseurs et cinémas chinois ont toujours très peu payé pour du contenu animé. En 2013, un rapport de Beijing Film Academy a montré que les chaînes télévisées chinoises payait moins de 50 $ pour une minute d’animation alors que le coût moyen d’un minute pour une production animée se trouve plutôt aux alentours de 2000 $.

Avec peu de réglementation sur la protection du droit d’auteur, le piratage en Chine est très répandue, de sorte que le potentiel de générer des revenus de produits de consommation a été marginalisée pour la plupart à l’exception des studios avec des poches profondes, des partenaires de licence établies, ou les deux.

Mais les compagnies de production chinoises réussissent à s’en sortir notamment grâce au gouvernement chinois qui subventionne et investi dans le marché de l’animation. Ainsi avec ce système a fait de la Chine un des producteurs d’animation les plus importants du monde mais cela n’a en aucun cas joué en faveur de la qualité et de la créativité de ce milieu.

Mais avec l’émergence rapide du marché du cinéma en Chine, cela est en train de changer. D’après le MPAA (Motion Pictures Association of America), 15 cinémas ouvrent chaque jour en Chine et au cours des six premiers mois de 2015, les résultats du box-office y ont doublé.

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Le box-office chinois a été grandement généré par les blockbusters américains jusqu’alors, mais l’objectif des compagnies de production chinoise à Annecy et d’autre marchés du films internationaux était donc de prouver que les studios d’animation chinois comptait bel et bien créer des films d’animation, mais aussi des séries TV qui auront un impact mondial.
Mais la question est comment vont-ils atteindre cet objectif ?

Différentes stratégies sont adoptées. La principale semble être la co-production avec des producteurs occidentaux pour développer des concepts originaux. Il y a aussi l’investissement fait dans des projets déjà développés, mais qui peuvent être facilement adapté au marché chinois ou encore l’embauche de talents à la hollywoodienne qui permettra de créer du contenu original qui marchera en Chine, mais aussi à l’étranger.
L’industrie de l’animation étrangère a beaucoup de valeur pour la chine car celle-ci est bien plus développée. Les producteurs d’animation ont plus d’expérience et travailler avec eux ne peut qu’être positif pour des studios chinois.
Certains studios optent donc pour une approche plus direct, plutôt que d’effectuer des partenariats avec des producteurs internationaux, ils amènent les talents directement chez eux. Par exemple Dan Smith, un producteur ayant gagné aux Emmy Awards avec une formation en film et personnages d’animation, a été embauché par Golden Oaks Pictures où il a le rôle de producteur artistique.
D’autre sont embauchés, mais davantage dans un objectif d’initiation. C’est le cas de Chris Henderson, un producteur d’animation indépendant. Il a été embauché par le studio XingXing Digital Corp pour être consultant sur leur prochain projet Smart. Toutefois Chris est suivi par un producteur chinois qui sera là pour apprendre la manière américaine pour qu’ensuite le studio n’est plus à engager un autre producteur américain. Mais comme l’a dit Chris Henderson “cela prendra probablement plus d’un film pour apprendre ce que j’ai appris en 30 ans.”
D’après Dan Smith le principal problème en Chine, plutôt que de réussir d’obtenir les accords nécessaire face à la censure est de trouver le bon studio. De nombreux studios se trouvent encore à une étape très primaire et apprennent encore comment faire une histoire et créer de bons personnages.

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Trouver un studio réellement passionné d’animation est vraiment essentiel d’un point de vue créatif. Mais c’est très dur de trouver des talents en Chine d’après Smith. Les chinois ne déménageront pas pour un métier, même s’il s’agit de Disney ou DreamWorks. I faut donc recruter localement. De plus, il y a très peu de scénariste en Chine, et ceux qui assurent cette fonction ont tendance à créer des histoires très complexes et difficiles à mettre en oeuvre. Le storytelling chinois a moins besoin de structure contrairement à celui connu des occidentaux (début milieu et fin).
Un autre obstacle que connaît la Chine dans son évolution c’est que lorsqu’un studio chinois entre en co-production avec un studio occidental avec souvent la phase de développement et de pré-production déjà faite. Le contenu n’est donc souvent pas adapté au marché chinois. Pour qu’un projet fonctionne parfaitement, il faudrait contre-balancer entre les besoins de la Chine et les besoins du marché occidental le plus tôt possible dans le processus de création du film.
De plus contrairement aux studios occidentaux qui donnent beaucoup d’importance au processus créatif, en Chine cela ne semble pas aller dans le même sens. Les studios chinois, n’étant généralement pas gérer par des créatifs ou des personnes de l’industrie du divertissement, ne se préoccupent quasiment pas de l’art de l’animation ou du processus de développement créatif. L’histoire et les personnages ne vont donc pas avoir la même importance que dans un studio occidental.

Toutefois, certains studios en Chine reconnaissent cette faiblesse de l’industrie de l’animation chinoise et commencent de plus en plus à créer leur propre projet en faisant appel à des talents extérieurs pour l’aspect créatif et le storytelling.
D’après son expérience, Henderson a remarqué que les studios en Chine fonctionnent comme des usines. Les employés ont des horaires fixes comme en bureau plutôt que d’accorder leur temps à des deadlines, il n’y a pas de retakes (une fois que la création, on la vérifie et s’il y a des erreurs, on la refait) pour le côté créatif non plus.
Selon Smith, l’idéal pour travailler avec la Chine sans problème, c’est de travailler avec un studio qui a une “sensibilité occidentale” afin que cela fonctionne mieux.

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L’évolution du marché chinois a selon nous un certain potentiel à exploiter. Nous avons déjà était séduit par le studio Light Chaser seulement avec le trailer de The little door gods mais il y a aussi Wolf Smoke Studio et ses court métrages : Kung Fu Cooking Girls et Batman of Shanghai. Deux studios qui sont selon nous prometteurs et nous avons hâte de voir ce qu’ils nous réservent !
L’animation chinoise associer aux talents des studios occidentaux pour bien apporter un nouveau souffle au cinéma d’animation en nous proposant quelque chose d’entièrement nouveau que cela soit dans l’univers artistique et le style d’histoire.

 

Source : AWN

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