Chronique d’une année ciné

Cher internaute, chère internaute.

 

L’année 2014 (où personne n’a trouvé de rime drôle comme 2013 année de la b(r)aise) s’est achevée. Sur ma table de chevet, j’ai donc posé tous mes tickets de cinéma. Et je vais (que de calembour) résumer mon année ciné 2014. Il est habituel de faire son top et son flop. Je suis contre cette idée, mes chers internautes. L’art ne se classe pas. L’art ne se hiérarchise pas. L’art se ressent. L’art s’imagine. L’art… Et non je ne ferai pas de jeu de mots avec « cochon ». Quoi, je suis si prévisible que ça ? En tout cas, l’art traverse les frontières du monde, pas besoin de frais de port.  Je vais donc, mois par mois, vous donner les films qui m’ont le plus marqués et ceux qui m’auront le moins marqués. Si quelqu’un s’oppose à cette chronique, qu’il parle de suite que je lui pète la chetron. Merci.

 

Bref. Tout commença par ce beau mois de janvier. Que j’aime le mois de janvier. Et plus particulièrement le 23. Mais je ne suis pas là pour parler de Christophe Dechavanne, ou de Papy Brossard qui mange de la savane, mais bien des films qui m’ont marqué ou pas. Et cette année 2014 a commencé sous les chapeaux de roue avec Nymphomaniac (j’inclus les 2 parties) de Lars Von Trier. Comment filmer la vie sexuelle tout en philosophant sur les actes immoraux d’une nymphomane ? Comment défendre les pulsions sexuelles d’une nymphomane ? Comment satisfaire une nymphomane ? Laissez faire L’art Von Trier.

 

Passons au mois de février. Ce mois romantique et plus particulièrement ce 14 février où chaque homme oublie qu’en 1859, l’Oregon devient le 33ème état des Etats-Unis. « Hein ? Quoi ? La saint Valentin ? ». Connais pas. « Bon, Greg, fais vriller tes films ! ». D’accord, d’accord. Je commencerai donc par un film qui a pompé un fait historique pour en réaliser une des plus fades reconstitutions, mélange de Gladiator et du Pic de Dante. Pompéi ou comment faire partir en fumée 100 millions de $ pour une histoire vue et revue. Heureusement que La Grande Aventure Lego est venue rehausser le niveau en nous servant un déluge de références pop-culture, en jouant sur la nostalgie des plus vieux, laissant de côté l’égo de l’adulte pour rentrer dans cette aventure drôle, rythmée, colorée mais aussi émouvante. Everything is Awesome.

 

Mars. 4ème planète du système solaire. La planète rouge. Planète préférée de Gérard Depardieu.  Ou encore une marque célèbre de barres chocolatées fournies en sucre, cacao, lait en poudre, caramel et j’en passe. Cela me rappelle la blague avec Johnny Hallyday qui gagne son poids en chocolat et en noix de coco. Si vous voulez la chute, ben…taisez-vous. Et appréciez donc le fait que mon mois sera marqué par 300 : la naissance d’un empire que j’ai préféré au 300 de Snyder. Eva Green. Scène de sexe belliqueuse. Voilà. J’ai résumé le film. Et on a eu quand même un film coup de poing qui fait mal aux fesses avec Fiston. A oublier. Mais le film coup de cœur est Her. Un film rempli d’amour virtuel, une déconnexion de la réalité au profit d’une réalité connectée. Une profonde réflexion sur l’avenir de l’homme face à la machine. La voix de Scarlett Johansson résume le film : apaisant, rassurant, tendresse et chocolat. Mars.

 

En avril, ne te découvre pas d’un film. Si on fait abstraction du navet 47 Ronin (mais qu’est-ce qu’il m’a pris de regarder ce film insipide, à la limite de l’incompréhension et dénué d’intérêt ?), on a pu, en effet, se couvrir avec une très jolie surprise française qui voit arriver la nouvelle génération et leurs nouvelles idées fraîches. BabySitting est la comédie française à ne pas louper. Reprenant le concept de Projet X et en le mélangeant à du babysitting, la bande à Fifi nous offre un film complètement barré, délirant et injecte de très bonnes idées qui font référence à la pop-culture et qui rythme le film sans jamais lassé. On pardonnera le jeu d’acteurs, limite par moment. Et comment passer à côté du plus gros succès de l’année, français qui plus est, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? Une comédie prévisible dans les vannes mais qui réserve tout de même de bon moment. Rien de bien transcendant comparé au film précédent.

 

Et il est temps que je fasse ce qu’il me plait car voici le mois de mai. J’ai envie de vous dire que The Amazing Spider Man 2 m’a plu et je sais qu’il donne du fil à retordre auprès de Sony qui a vu son Box Office pas au top de sa forme et qui a donc obligé la société de production à réviser les prochaines sorties du super-héros sur les toiles. Deux jours, une nuit est un bon film dans lequel les frères Dardenne dénoncent une société malsaine et individualiste à travers les yeux d’une pauvre employée (jouée par Marion Cotillard) qui va demander à ses collègues de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son emploi. Une critique acerbe. Et puis…comment pourrais-je ne pas en parler ? J’en ai rêvé. J’en ai fait des éloges dans mon ancienne émission de radio. J’en ai fait une vidéo (pas terrible) sur Youtube. J’ai même bu l’apéro avec lui. Mon Dieu. Tout Puissant. Certains me disent que je suis fou. Non. Je suis…amoureux. Mais chut ! Muto et bouche cousue. GODZILLA. Je vous renvoie à la vidéo sur Youtube et à ma première chronique d’une semaine ciné. Car Godzilla, c’est toute ma vie.

 

Pour continuer, je me pose une question existentielle. Vous dites JU-IN ou JOU-IN ? Si vous dites le deuxième, c’est qu’il va falloir réduire votre consommation. Ou alors vous pouvez regarder en même temps Under The Skin, ça vous aidera à apprécier ce film qui partait pourtant bien mais qui s’essouffle dans sa dernière heure. L’esthétique et l’onirisme du film ne parviendront pas à maintenir l’intérêt et le rythme du début et on passe à côté de la fin qui aurait dû être palpitante. Dommage pour ce film expérimental porté par Scarlett Johansson dans le rôle d’une extraterrestre qui enlève des hommes.

 

 

L’été rime avec blockbuster. Et on en a eu du blockbuster. Parfois du bon blockbuster. Juillet a connu le très intéressant La Planète des Singes : L’affrontement. La naissance d’une société à travers ses normes, la recherche du pouvoir, les désaccords entre singes. Je vous renvoie à ma vidéo sur Youtube que j’ai réalisée pour plus de précisions si vous le souhaitez, ça me fera plus de vues et comme ça je pourrai me payer un voyage à New York grâce à la monétisation. Sinon, Transformers 4 ne déroge pas à la règle de ses prédécesseurs : long et fatiguant. On notera cependant une certaine maturité dans la mise en scène de la part de Bay, mais une petite hein (un peu comme ma bitte d’amarrage). The Raid 2 parvient à surpasser son film d’origine pour un film plus musclé, débordant d’énergie, magistralement monté et terriblement jouissif, unpeucommema. Et je quitte juillet sur un Mister Babadook médiocre avec des personnages mal approfondis et on s’ennuie ferme sans jamais trouver de réel intérêt (un peu comme mon ex).

 

Pas de doute, en août, il y a eu du casse-croûte dans cette filmique autoroute. Sur ma route, oui, il y a eu du mazout, oui, mais aussi des gouttes que je n’égoutte pas sinon je risque de faire banqueroute. Et dans ma passoire, j’ai gardé Les Gardiens de la Galaxie que j’ai rangé dans mon dressoir car il offre un épisode Marvel très second degré qui manquait à l’univers et c’est dérisoire. Je n’oublierai pas, dans mon mouchoir, Sils Maria, que je mets dans ma poche, car, croyant passer à la rôtissoire, j’ai passé un très bon moment avec Juliette Binoche et surtout Kristen Stewart que j’ai vu sourire. Illusoire. Avec Enemy, c’est bête, mais on ne peut s’empêcher de se prendre la tête à mettre tous les indices dans une pochette de peur de perdre tous les morceaux de l’enquête et vous en ressortirez pompette. Le cinéma s’inspire aussi du littéraire pour faire passer, à tout le monde, des émotions communautaires mais parfois trop arbitraires, à la limite de l’autoritaire, pour faire comprendre aux spectateurs d’être, avec les personnages, solidaires. Nos Etoiles Contraires.

 

La rentrée de septembre a été calme. Donc je vais être rapide. Délivre-nous du mal, j’ai préféré la chanson du démon de minuit. Sin City 2, j’ai tué pour Eva Green.

 

Antépénultième mois de l’année, octobre  a été gargantuesque. C’est un mot que j’adore « gargantuesque », on a rarement l’occasion de le placer dans une conversation. Mise à part la bonne bouse de Annabelle qui a surfé sur le succès de The Conjuring, on a commencé avec Equalizer, un très bon film d’action réalisé par Antoine Fuqua avec Denzel Washington qui aura, je l’espère, une suite. Et le plus américain des réalisateurs français est revenu nous voir avec Harry Potter qui a des cornes de diable dans la tête, plutôt efficace malgré une baisse de rythme dans sa dernière heure. Et octobre nous a aussi donné l’un des meilleurs films de cette année. Gone Girl, le dernier Fincher, qui, après Facebook, Fight Club et Benjamin, nous offre une véritable définition de la psychopathie à travers des personnages ingénieusement bien écrits qui garantissent un suspense tout au long de sa durée. Gargantuesque, je vous ai dit.

 

 

L’année a connu un mois de novembre assez mouvementé. Outre le chapitre final ( ?) de [Rec] qui finit sa saga avec un opus tout à fait honorable dans la lignée des traditionnels films de zombies, j’ai plutôt été agréablement surpris de la qualité des films que j’ai vus. Astérix et le domaine des Dieux n’est pas le meilleur des Astérix mais il reste tout de même divertissant et qui fourmille d’idées comiques. Sinon, on s’en doutait mais Hunger Games 3 : La Révolte, 1ère partie remporte le trophée du titre du film le plus long de l’année tout comme le contenu qu’il nous propose : une longue introduction à Hunger Games 3 : La Révolte, 2ème partie qui, j’espère, saura combler les défauts du Hunger Games 3 : La Révolte, 1ère partie pour nous offrir une conclusion à la saga comme il se doit. Autre film marquant, Night Call avec Jake Gyllenhaal qui explore la face cachée et immorale des médias en quête d’audience et de sensationnalisme. Et bien sûr, comment oublier le très grand Interstellar qui fait partie intégrante de mes films préférés de cette année 2014. Inter, c’est d’l’art.

 

Et nous terminons logiquement avec le mois de décembre qui nous a offert un très bon polar à la française retraçant la dernière affaire du juge Michel qui a essayé de retrouver son chat perdu Zampa mais qui malheureusement l’aura en travers de la gorge. Mon année 2014 se finit avec Le Hobbit 3 : La bataille des 5 armées. Et je vous renvoie à ma 8ème chronique pour en savoir davantage. Non pas que je n’ai pas envie d’en reparler, mais simplement que je n’ai pas envie de me faire moi-même plagier par moi-même ce qui est un comble car se plagier soi-même relève-t-il du plagiat ?

 

 

C’est sur cette question que ma chronique d’une année 2014 s’achève. J’espère que vous l’aurez lu en entier et que cela n’aura pas été trop redondant voire lassant. Mais sachez juste que je m’exprime librement comme le veut l’un des droits fondamentaux qui constituent notre République. La liberté d’expression est primordiale dans notre pays et ne doit en aucun cas freiner notre liberté de pensée.

Grâce à cette liberté d’expression, nous pouvons parler, écrire, débattre et dessiner.

Grâce à cette liberté d’expression, nous pouvons lire un livre, qu’il soit à caractère littéraire ou à polémique, et nous pouvons lui dire « merci pour ce moment ».

Grâce à cette liberté d’expression, nous pouvons être contre la « soumission » et être en désaccord avec un concitoyen.

Grâce à cette liberté d’expression, nous pouvons regarder des films qui font réfléchir sur notre condition au sein de notre société.

 

 

Grâce à ma liberté d’expression, j’ai pu profiter de ma passion qui est la radio pendant presque 3 ans.

Grâce à ma liberté d’expression, j’ai pris conscience du poids de mes mots et de leur utilité.

Grâce à ma liberté d’expression, j’ai pu écrire toutes mes chroniques, vous donner mon avis, vous raconter ma vie, vous faire rire ou sourire avec la simple utilisation de mes mots.

Grâce à ma liberté d’expression, j’ai découvert le pouvoir qu’ont les mots, ce pouvoir qui me permet de jouer avec eux et de les manipuler à bon escient pour écrire et pour parler.

Grâce à ma liberté d’expression, je peux vivre.

 

 

Après Ornicar, on se demande « Mais où est Charlie ? ». Sachez que Charlie est partout. Et surtout, sachez que Charlie est en vous.

 

Le cinéma est un art qui s’imagine, qui se ressent. N’ayez pas peur des mots et exprimez-vous. Librement.

 

Grégory.

 

 

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