Chronique d’une semaine ciné #8

Cher internaute, chère internaute, passez à la maison, y a du pastis.

 

Suite à ma septième chronique, on m’a remercié d’avoir mis du baume au coeur à quelqu’un. Écoutez (ou lisez), si je peux rendre service, il n’y a aucun problème. Je suis à l’écoute (ou à la lecture) de tous et à n’importe quelle heure, mais pas entre 22h et 9h, je dors. Ni de 9h à 19h, je travaille. Ni de 19h à 20h, j’ai piscine. Et après, je  dois manger, me laver. Le dimanche, c’est jour du seigneur, donc je ne suis pas disponible même si je suis athé ou à café selon votre préférence. Mais sinon vous pouvez m’appeler, je répondrai.

 

Bref. J’ai appris il y a quelques semaines que Cedric Jimenez allait sortir un film sur le juge Pierre Michel qui se nomme la French. Quand ? Quand ? Ai-je dit en dansant. Le 3 décembre. En culottes fondues, j’y suis allé et Cedric Jimenez, aux yeux de tous, nous offre un très bon polar, digne des polars américains. Le film revient sur l’affaire du juge Michel qui aura comme objectif de faire tomber Gaëtan Zampa, parrain d’un trafic de drogue. L’absence d’émotion marque un défaut dans ce film très bien porté par un Dujardin et un Lellouche charismatique. Ne cachant nullement ses influences américaines, la French ne baisse jamais de rythme, maintient une bonne tension sans jamais s’ennuyer. Un bon point pour ce genre qui nécessite une écriture subtile et organisée pour ne pas perdre le spectateur. Bref, un bon film French où Manu cure.

 

J’ai toujours aimé la nuit. L’impression que personne ne voit personne. Ne le dis à personne, j’aime ça. NigthCall est donc un film parfait. Comme le crime, sauf que, lui, il est presque. On suit Lou Bloom, au chômage, qui va trouver intéressant de filmer des accidents, des images choc durant ses balades nocturnes pour les vendre à une télévision locale. La curiosité et l’appétit de l’argent vont le pousser à remettre en cause sa morale. Une très bonne surprise qui explore en profondeur le syndrôme d’Asperger ainsi que la sociopathie du personnage en quête de pouvoir. Peut-être un peu long à se mettre en place, NightCall se pose des questions moralisatrices. Jusqu’où doit-on aller pour gagner de l’argent, pour monter en grade, pour faire du bien à notre estime de soi grâce à la reconnaissance ? La performance de Jake Gyllan…Gyllen…Gyl… bon de Jake, dans le rôle de Lou est à saluer. Une faiblesse de rythme et d’écriture ne gâchent nullement ce film qui traite de la perversité des médias, de l’immoralité tout en recherchant le sensationnalisme des images. C’était la minute intellectuelle, je rends l’antenne. A vous les studios.

 

Il y a très peu de films qui ont réussi à me faire caguer (dédicace au 1-3, wesh, man, Oh aime). Jusqu’en Enfer fait partie de cette catégorie. Après avoir réalisé la trilogie Spider-Man, Sam Raimi s’attaque à ce film d’horreur, en 2009. Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, refuse d’en donner un à une charmante mamie qui nous ferait tourner de l’œil. Celle-ci, en colère, lui jette la malédiction du Lamia qui va traquer la méchante Christine…jusqu’en enfer. Et tant qu’à faire, j’aurai affaire à vous si je vous disais la fin. Jouant énormément sur des jumpscares, ces fameuses « peur de saut » (oui, j’ai été champion de traduction anglaise en 1995), le film instaure directement une ambiance de peur grâce à cette scène d’introduction de 3 minutes plus efficace que tous les films d’horreur de ces 10 dernières années. Ne prenez pas la mouche en le regardant, vous risqueriez de devenir chèvre devant. Jamais le rythme ne baisse dans ce film qui possède une écriture de qualité pour des scènes qui nous prennent à la gorge. Ce film est une leçon de mise en scène et d’effets horrifiques. Un film qui, dans le genre horreur, redistribue les cartes. Moi, je vais aller me faire un Raimi.

 

Et pour finir, peut-être que je vais me faire des haines mis pour le film qui suit et je m’en excuse d’avance. Je ne veux pas vous brusquer ou vous faire du mal. Vous pouvez m’appeler pour en parler, vous connaissez mes horaires. Tolkien. Peter Jackson. Le silence des agneaux. Le Hobbit. Le Hooooobbbbiiii…(baille un coup)iiiiiiittttt. Après une trilogie de haute qualité  avec la Communauté des 2 Tours du Roi, Jackson décide de réaliser le prequel de cette trilogie en nous racontant l’histoire de Bilbon Sacquet, un hobbit qui embarque dans une croisade avec treize nains et le magicien Gandalf le Gris pour récupérer un des Royaumes des nains et tuer le dragon Smaug. Je vais, et mettons les choses au clair, foncer droit dans le mur en vous disant que je n’aime pas Le Seigneur des Anneaux. Mais je reconnais entièrement la qualité d’écriture, la profondeur de ses personnages et la mise en scène incroyable du fils de Jack. Cependant, je n’accroche pas à cet univers héroïc fantasy.

 

Alors, fraudons un peu et disons que Le Hobbit est une mauvaise trilogie. Faire 3 films de plus de 2h30 en adaptant 320 pages (source : Edition : Le Livre de Poche) là où Le Seigneur des Anneaux en a 1278 pages (source : Edition Bourgeois) pour 3 films de 3h résume le principal problème de cette trilogie. Mettre à tout prix tout le livre et prendre quelques libertés. Conséquences : les films ont un gros problème de rythme. Il manque le haut (dé)bit.

 

Le premier, Le Voyage Inattendu, est une longueur à lui-même. Les scènes sont étirées pour faire durer les scènes. C’est long et c’est chiant. Mais cela n’enlève nullement la qualité de la mise en scène de Peter. La Désolation de Smaug est le plus réussi et celui devant lequel j’ai pris un vrai plaisir à regarder la confrontation entre Smaug et Bilbon. Et puis, il y a eu ce twist. Honteux.

 

La Bataille des Cinq Armées reprend exactement là où le deuxième s’était arrêté. La scène d’introduction dure 5 minutes. Et cette scène avec Smaug n’a rien à faire là. On est sorti du 2ème frustré. On entre dans ce 3ème encore plus frustré car nous ne sommes plus dans l’ambiance qu’avait réussi à instaurer la fin du deuxième. Mis à part ce gros défaut, Le Hobbit 3 est à l’image de la saga. Long, étiré, parfois dénué d’intérêt. Pourtant, cet opus est très réussi dans sa dernière partie. La qualité filmique des combats, propre à Jackson, sont à souligner mais il y a de tout de même un énorme arrière-goût de déjà-vu. Cependant, les mouvements de la caméra apportent une plus-value au film, nous mettant au cœur des affrontements. Et la fin est maladroitement gérée dans l’émotion et dans ses adieux pour les fans. Désolation.

 

 

Et voilà. Ma huitième semaine d’une chronique se termine avec ce long point sur le Hobbit. Je devais revenir sur la trilogie. Maintenant, vous pouvez me haïr et me balancer vos insultes, je les attends. Mais surtout, n’oubliez pas que les démons les plus maléfiques peuvent être filmés pour la télé et avoir un juge aux fesses qui pourrait provoquer une grande bataille. Car oui, le cinéma est un art qui se ressent, qui s’imagine et qui permet de jouer, en même temps, aux lego et aux cartes.

 

Légo l’As.

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Gregory

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