Chronique d’une semaine ciné #6

Cher internaute, chère internaute, hey ! Salut, ça va ? Tu viens boire l’apéro chez Patrick ?

Suite à ma cinquième chronique, je n’ai aucun souvenir des retours. C’était il y a longtemps. Et puis, je dois vous avouer qu’Alzheimer me guette. Oui, à mon jeune âge, il me guette. Telle une lionne qui regarde sa proie et qui se souvient qu’elle doit tuer pour manger. Cela entraine une dégradation de ma mémoire épisodique qui est en fait la mémoire qui permet de me…de…me…de…

 

Cher internaute, chère internaute, en trois briques : un, terre, note.

Suite à ma cinquième chronique, on m’a dit qu’en la lisant, quelqu’un a été littéralement mort de rire. Ses obsèques se dérouleront le 15 novembre à 13h25mn47. Oui c’est lugubre.

 

Il y a deux semaines, c’était…Ah pardon, j’ai un appel de Monsieur Ouine. « Allô, Ouine ? ». Blague très recherchée.

Bref, c’était Halloween et tradition oblige, il faut regarder des films d’horreur donc j’ai regardé Boule et Bill (je suis très drôle aujourd’hui). J’ai regardé Halloween : La nuit des masques, un film de John Carpenter sorti en 1978, un slasher considéré comme le pilier du genre. Un slasher est un genre de film horrifique dans lequel on y retrouve un tueur qui va zigouiller des adolescents aux stéréotypes bien définis. L’histoire de Michael Myers (Michel Myers en français) qui s’échappe d’un hôpital psychiatrique après avoir tué sa soeur 15 ans auparavant. Halloween se révèle être un film angoissant bien géré grâce à la qualité de la mise en scène de Carpenter et de sa musique bien cinglante. Je retiendrai également la scène d’introduction en un plan séquence de 6 minutes, machiavéliquement chorégraphié qui donne naissance à ce célèbre personnage de Michael Myers. Une agréable surprise.

 

Et puis, ivre, j’ai enchainé avec Halloween : Résurrection, un film sorti en 2002 qui raconte l’histoire de producteurs de télé-réalité qui vont envoyer un groupe d’adolescents la nuit d’Halloween dans la maison où a grandi Michael Myers. Mais ils ne savent pas que celui-ci est présent dans la maison. Bouuuuuuh ! Ça fait peur !!! Non. C’est nul, rien n’est à sauver. Pourtant l’idée de base était ambitieuse et novatrice pour le genre (télé-réalité version slasher). Malheureusement, le film reste trop conventionnel pour susciter l’intérêt qui va se reposer sur des acquis archaïques sans chercher à innover. Oui, j’emploie des mots compliqués. On a vu Myers que ça.

 

J’ai poursuivi avec John Rambo réalisé par Sylvester Stallone en 2008 où on suit ce béret vert qui va avoir pour mission de libérer des humanitaires embarqués dans un conflit en Birmanie. Ce quatrième et dernier volet conclut une saga éclectique mais portée par un Stallone baraqué et qui joue un personnage traumatisé par la guerre. Violent, choquant, sanglant, ce film est un miroir de l’inconscience de Rambo, refoulant ce traumatisme mais existant toujours dans ses rêves. Les rêves et l’inconscient, toute une histoire…. (cf Mulholland Drive). Néanmoins, le film reste intéressant à regarder, bien rythmé ce qui permet de ne pas s’appesantir devant des dialogues explicatives interminables alors qu’une bonne bombe résumerait tout ça en quelques membres déchiquetés. Pas besoin d’un scénario compliqué pour ce genre de film qui reste divertissant. Et quand John attaque, il Rambobine.

 

 

Pour finir, je suis allé voir le film que tout le monde attendait, un film évènement qui emmènerait tout le monde au septième ciel et qui ferait réfléchir sur notre condition humaine. Un film d’un réalisateur que Hollywood adule, qui offre des blockbusters avec de faux airs de films d’auteurs (ou l’inverse, comme vous voulez), dont les intrigues sont parsemées de multiples rebondissements qui retiennent l’attention tout au long de ses films. Christopher Nolan était attendu, mais vraiment attendu avec son Interstellar. Réunissant au casting, Matthew McConaughey (prononcez, Mac Co No Hi), Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine (qu’on appelle dans le milieu McCain), Interstellar se situe dans un futur assez proche où la Terre n’a plus assez de ressources pour assouvir les besoins des hommes. Un groupe d’expéditeurs est envoyé dans l’espace à la recherche de nouvelles planètes d’accueil dans diverses galaxies grâce à un trou noir qui se trouve à côté de Saturne. Interstellar promettait du lourd, du très très lourd, de par ses bandes annonces mais aussi de par une composition exceptionnelle de Hans Zimmer, et effectivement, Interstellar, c’est du lourd.

 

Ne cachant nullement son influence pour 2001, L’Odyssée de l’Espace de Kubrick, Nolan filme une épopée émotionnelle grandiose, non seulement pour ses personnages mais aussi pour nous, spectateurs. La tête dans les étoiles, on navigue dans l’espace là où personne ne pourra nous entendre crier (ou pleurer). Et c’est là la gravity de la situation. La science-fiction n’a jamais été aussi proche de la réalité d’un point de vue anticipation et surtout scientifique. Nolan pousse au plus loin qu’il peut les frontières du réel, là où la vérité qui est ailleurs peut être expliquée. Nolan nous force à réfléchir, à traverser cette barrière entre le rationnel et l’irrationnel pour se poser des questions sur notre propre existence. Et si, au final, tout était déjà écrit ? Voilà pourquoi la science-fiction au cinéma existe, c’est pour ce genre de réflexion métaphysique qui rendrait la quatrième dimension obsolète.

Interstellar, l’Odyssée de Nolan qui t’embarque dans un film complexe, humaniste et philosophique pour une claque visuelle de 2h50. Sidérant.

 

 

Et c’est sur cette leçon de cinéma que s’achève ma semaine ciné. Non, mes chers amis, ne pleurez pas. Je reviens au plus vite. Et n’oubliez pas que ma semaine aura été flippante d’émotion grâce à cet Halloween qui fête le jour où Rambo a sauvé des humanitaires pour qu’un groupe d’expédition puisse partir dans l’espace. Car oui, le cinéma est un art qui se ressent, qui s’imagine et qui permet de se souvenir de toutes ses émotions qui nous traversent le corps.

 

Inter, c’est d’l’art.

 

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Gregory

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