Blue Ruin

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SYNOPSIS

« Dwight a passé les dernières années à errer sans but en vivant dans sa voiture. Ce comportement en apparence paisible est bouleversé lorsqu’il découvre que Wade Cleland Jr., condamné pour le meurtre de ses parents, va être libéré de prison. Dwight rentre chez lui, en Virginie, pour y accomplir sa vengeance. »
(Source : Wikipédia)

LE FILM

Réalisateur : Jeremy Saulnier
Scénario : Jeremy Saulnier
Photographie : Jeremy Saulnier
Musique : Brooke et Will Blair
Casting : Macon Blair , Devin Ratray, Amy Hargreaves, Kevin Kolack , Eve Plumb , David W. Thompson

Sortie française : 9 Juillet 2014

CRITIQUE

On a souvent tendance à se plaindre de la distribution des films en France. « C’est nul, tous les films arrivent 6 mois après leurs sorties aux Etats-Unis ». Mais de temps, nous avons beaucoup de chance. Beaucoup de chance car premièrement, ce film est sorti en salles dans peu de pays, même aux Etats-Unis, celui-ci n’a été diffusé que 61 salles sur tout le territoire. Alors oui, nous avons eu le film quelques temps après, mais c’est déjà un exploit qu’il soit arrivé en France.

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Filmé avec très peu de budget (140 000$ si ma mémoire ne me joue pas des tours) et même financé en crowdfunding sur KickStarter, impossible de dire que Blue Ruin fasse « cheap ». Et loin de là. Mais c’est sûrement aidé par le fait que le réalisateur connaissait les lieux de tournages, ses acteurs, etc. Comme le synopsis l’indique, Blue Ruin est un peu une histoire de revanche. Et quand je dis un peu, c’est parce que les prémices de base font penser ça, mais au fur et à mesure du film, on s’en éloigne de plus en plus. C’est plus l’aventure d’un homme ordinaire, le passage entre la raison et la folie, etc.
C’est ce que j’ai beaucoup aimé dans ce film, le personnage de Dwight est complexe dans sa dualité de caractère. D’un côté, on est face à un homme calme, un homme simple. mais de l’autre, Dwight a des excès de folie qui le poussent à commettre l’irréparable. Et au fur et à mesure que l’intrigue avance, plus les événements deviennent « fous », plus Dwight continue à être raisonnable, adulte. J’aurais pensé observer un homme devenir fou vis-à-vis de l’acte qu’il a commis, mais c’est bien tout le contraire dans Blue Ruin.

Et c’est bien une chose que je n’ai pas compris dans Blue Ruin, tout ce cheminement narratif pour qu’au final le personnage reste le même émotionnellement. Jamais il ne se lâche, il est toujours calme. Du coup, je me demande quels étaient les aboutissements véritables du film dans le sens où même si l’intrigue se résout comme elle devait se résoudre (oui, la fin est assez classique), nous n’avons pas d’évolutions tout au long du film. C’est comme si la personne la plus chiante du monde se retrouvait en plein milieu de Reservoirs Dogs, mais au final, c’est peut-être ce qui fait la force et le caractère de Blue Ruin : un homme « ordinaire » qui reste « ordinaire » dans une situation loin de l’être.

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Il faut d’ailleurs souligner l’interprétation de Macon Blair (Dwight) dans ce film. Il est tout simplement excellent dans ce rôle et faire une partie du chemin avec lui est un bonheur. On a même la chance d’avoir un énorme changement de tête car le personnage qu’il interprète devient plus « normal ». Mais cette normalité physique n’empêche pas qu’il soit toujours autant pommé. On a vraiment l’impression de suivre l’intrigue avec lui dans le sens où comme tout est improvisé pour lui, nous découvrons en même temps. Il est rendu, on va dire, naïf, dans ce sens. Evidemment, tous les seconds rôles sont aussi excellents (particulièrement Devin) et c’est un réel bonheur de voir un casting quasi-inconnu exceller autant.

La réalisation de Jeremy Saulnier est elle aussi tout simplement sublime, j’ai beaucoup aimé certains plans contemplatifs qui ont un réel effet sur le film : ils le posent, permettent de ralentir le rythme et de donner cette impression de vraiment se sentir dans le film.  Je retiendrai aussi les scènes de « road-trip » qui sont magnifiques et changent un peu en terme de mise en scène.

Blue Ruin n’est peut-être pas le film de l’été 2014, mais il est vraiment sympa. Une jolie mise en scène, un scénario bien construit et une superbe interprétation. On ne peut que le conseiller.

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