Q/A des créateurs de The Strain (Guillermo Del Toro et Carlton Cuse)

Comme vous le savez, nous attendions impatiemment la nouvelle série de FX : The Strain. Basée sur les livres écrits par Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, celle-ci fut adaptée à l’écran par Carlton Fuse (que l’on connaît pour Lost) et Guillermo Del Toro.
Nous avons regardé le pilot de la série et nous vous en parlerons dans peu de temps, mais en attendant, nous vous proposons un Q/A entre Collider et les créateurs sur la série.

LA SERIE

Casting : David Bradley, Anne Betancourt, Nikolai Witschl, Pedro Miguel Arce, Joe Vercillo,…
Genre : Drame, Horreur, Epouvante
Format : 42 minutes (sauf pilot : 1h10)
Date de diffusion sur FX : 13 juillet 2014

Synopsis : Lorsqu’un Boeing 777 atterrit à l’aéroport new yorkais JFK sans qu’aucun signe de vie n’en émane, Eph Goodweather, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques, est dépêché sur les lieux. A l’intérieur de l’avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou… un monstre non identifié.

INTERVIEW Q/A

Carlton Cuse, comment avez-vous été amené à travailler sur la série et qu’est-ce qui vous a motivé ?

J’avais lu le premier roman de The Strain, j’étais un fan du travail de Guillermo Del Toro et je connaissais un peu Chuck Hogan. J’étais donc curieux de voir à quoi une collaboration entre nous pouvait ressembler. J’étais très intéressé par le sujet. J’avais lu le premier livre quand il était sorti en 2009. Puis deux ans après, mon agent m’a appelé pour me dire que des gens voulaient adapter The Strain au format série. Je lui ai dis que j’étais très intéressé. J’ai donc rencontré Guillermo Del Toro et ça s’est très bien passé. J’ai décidé de m’investir pour deux raisons :
– Premièrement parce que j’ai énormément de respect pour Guillermo en tant que cinéaste. Je pense que c’est une des personnes les plus imaginative en terme de création d’univers et de monstres.
– Ensuite, cette série est une excellente opportunité pour changer un peu la vision des vampires qui est devenu trop romancée. Il était temps de revenir à des vampires qui font peur, très peur. Quelque chose qui n’a jamais été vu dans le paysage des séries TV.

Vous avez travaillé dans une série pour une network. Qu’est-ce que cela change de passer sur le cable ?

Beaucoup de choses. Je ne peux pas parler pour toutes les chaînes du cables, mais FX est fantastique. Cette série représente vraiment ma vision et celle de Guillermo Del Toro sur l’histoire. Bien sûr, nous ne pouvons pas dire « Fuck », mais c’est à peu près tout. FX nous a beaucoup soutenu et nous avons pu créer une version série du livre pour adultes. FX comprend très bien qu’ils sont en concurrence avec les films, mais aussi les autres chaînes du cable, il faut donc savoir se démarquer. Ils voulaient absolument que ce soit notre vision qui soit représentée.

Est-ce que chaque livre équivaut à une saison ?

La saison 1 équivaut au premier livre, oui. L’objectif est que la série  fasse entre trois et cinq saisons. Lorsque nous travaillerons la mythologie et l’histoire lors de la saison 2, nous serons plus aptes à savoir combien de temps cela nécessitera vraiment. Mais en tout cas, pas plus de cinq saisons. Nous avons une fin. Nous suivons les livres, mais bien évidemment, il va y avoir des choses en plus : de nouvelles situations, personnages et des développements dramatiques différents pour que le livre et la série soient différents.
Il ne faut pas que le livre et la série se ressemblent, nous prenons les meilleurs choses du livre pour en faire une série unique.

Guillermo Del Toro :
C’était clair depuis le début que même avec trois livres pour aider, nous pouvions inventer. Certes, nous voulons les étapes et personnages du livres, mais tout cela peut être changé. Par exemple, Carlton a décidé de ne pas expliquer l’origine du Master (la créature de la série) dès le pilot, mais pour l’opening de la saison 2. La relation entre la série et les livres est très malléable. Mais nous devons aussi respecter et penser à respecter les livres afin de ne pas froisser les fans. Carlton nous guide à travers ce nouveau médium qu’est la télévision et nous faisons confiance à ses choix.

Si la série rencontre du succès, seriez-vous prêt à allonger sa durée ?

Je ne pense pas. Nous sommes dans une phase où l’audience apprécie vraiment les histoires avec un début, un milieu et une fin. Si on regarde le succès de True Detective ou Fargo, la fin de Breaking Bad, on s’aperçoit que les gens veulent une histoire qui se finisse correctement. Et c’est ce que nous voulons faire, nous aussi.

Je suis d’accord avec Carlton. Une chose essentielle est que lorsque nous avons pitché la série à FX, nous avons dit que nous ne voulions pas faire plus de deux arcs, ce qui représente trois ou quatre saisons. Nous espérons que les deux derniers livres sont assez complets pour en créer une cinquième.

Guillermo, vous avez réalisé le pilot. Est-ce que vous allez en faire d’autres ?

Je peux le dire, ce serait un énorme plaisir et je trépigne d’impatience de réaliser le premier épisode de la saison 2 si elle est commandée. Réalisé une série TV est comme faire de la gym. Et en me regardant, vous pouvez voir que je n’en fais pas. Mais nous avons réussi à créer une relation très fluide entre Carlton, Chuck et moi-même. Lors de la première saison, il m’est arrivé de réalisé des scènes en plus avec le second unit le samedi. Et nous pouvions discuter des heures avec Carlton et donner naissance à des idées folles.
J’ai aussi supervisé tout ce qui concerne les effets-spéciaux entre le maquillage des monstres, la palette de couleurs, etc. C’est notre bébé et je veux continuer à m’impliquer dans cette série.

Pouvez-vous nous parler du processus de création des créatures ?

En terme de création de créatures, nous avons vraiment essayé de créer ces créatures sous un trait biologique pour qu’elles aient un sens pour notre audience et qu’elles ne soient pas juste jolies à voir. Je voulais qu’elles soient vivantes, qu’elles appartiennent à une évolution différente de la notre, qu’elles deviennent une espèce à part entière plus on avance dans la série.
Le design a duré environ six mois, mais la création a été très longue et c’était très complexe.

Comment avez-vous décidé l’apparence des créatures, de leurs pouvoirs ?

J’ai longtemps été obsédé par les vampires, depuis que je suis enfant. J’ai lu la mythologie des vampires pour beaucoup de civilisations : l’Europe, les Philippines, le Japon, la Malaisie, … Enfant, j’avais un carnet où je notais les informations sur le mythe des vampires et leurs conséquences sur la structure sociale, leurs brutalités, leurs biologies. Ces notes se retrouvent dans mon premier film « Cronos » et quelques unes dans Blade II. Mais beaucoup se sont retrouvées dans The Strain.
Lors de la conception, il me paraissait évident que The Master soit caché pour au moins une bonne partie de la saison afin de le rendre innaccesible au public. Après avoir eu l’idée que celui-ci était vivant depuis plusieurs siècles, depuis le moyen-âge jusqu’à notre société moderne. De nos jours, nous avons des smartphones, tablettes, avions, etc. Et au milieu de ça, vous avez un énorme cercueil en bois avec une créature vivante depuis plusieurs sièces. C’est ancien et c’est ce qui la rend puissante. The Master se fiche bien des objets du 21 ème siècle qui nous donnent un faux sentiment de sécurité.
The Master devait avoir l’apparence de quelque chose d’ancien. Il devait avoir plusieurs couches de vêtements. Il y a une accumulation de vêtements du 19ème, 20ème et 21ème siècle. Et celles-ci s’enlèvent au fur et à mesure pour découvrir la créature.

Et pour les autres créatures ?

Plus les vampires restent vivants, plus ils perdent leur humanité. Ils perdent littéralement leurs cœurs. Celui-ci est remplacé par un cœur de vampire au fur et à mesure. C’était important pour moi ce changement. Ce qui guide les vampires, c’est l’amour pour leurs victimes. Ils vont chez les gens qu’ils aiment. Il y a une dualité entre le sentiment d’amour humain et celui de se nourrir de ces être chers. Le cœur meurt, puis ensuite, le système digestif changent et leurs organes génitaux tombent. L’évolution biologique est marquante.
Par exemple, ils perdent leurs cheveux parce que la graisse brûle leur tête et les racines de leurs cheveux. Ou ils deviennent blanc parce qu’ils perdent leurs globules rouges.

Comment avez-vous casté la série ?

Guillermo et moi avons casté toute la série sur une période d’un an. C’était l’avantage d’avoir du temps en pré-production. Nous avons beaucoup réfléchi à qui nous voulions dans la série. Mais il faut aussi remercier la directrice de casting qui s’occupait de Lost. Elle a réussi à nous trouver des acteurs incroyables. Nous avons eu le temps de parler de qui nous voulions voir pour tel rôle. Le processus de casting était très important car en tant que scénariste, nos dialogues reposent sur la présence d’un acteur.

A part pour quelques rôles, nous savions déjà quels acteurs nous voulions. Nous leurs avons souvent proposé le rôle juste après les avoir rencontré. Pour le personnage de Sean Astin, nous avons dit « Son personnage et la tournure qu’il prend correspondent à sa personnalité et à son histoire. Il est gentil et on peut lui faire confiance, mais il doit faire des choses qu’on n’explique pas. »

Guillermo, quel sentiment éprouvez-vous à voir votre livre adapté sur écran ?

C’était génial de faire partie du processus, de créer de nouvelles relations. C’est génial parce qu’un côté, nous avons Chuck qui est très proche des livres et Carlton qui permet d’avoir une vision différente des choses. J’ai adoré !
C’est super d’entendre « Non » venant de Carlton, et d’écouter pourquoi il ne faut pas faire ça. Cela nous fait réfléchir et se remettre en question. C’est vraiment une des plus belles collaborations que j’ai eue. Nous n’avons pas été là où nous pensions aller, mais en tout cas, on sent que nous allons dans une bonne direction !

Vous pouvez retrouver l’interview dans son intégralité ici et notre critique du pilot sera bientôt disponible.

UPDATE : Vous pouvez lire notre critique du pilot ICI

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