Le Conte de la Princesse Kaguya

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« Une minuscule princesse, Kaguya, «la princesse lumineuse», est découverte dans la tige d’un bambou. Élevée par un vieux coupeur de bambou et son épouse, elle devient une séduisante jeune femme. De la campagne lointaine jusqu’à la grande capitale, sa beauté suscite l’engouement auprès de tous ceux qui la rencontrent et fascine en particulier cinq nobles prétendants, qui vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main… Le temps venu, elle devra finalement affronter son destin… »
(Source : Première)

LE FILM

Titre original : Kaguya-hime no monogatari
Réalisation : Isao Takahata
Scénario : Isao Takahata, Riko Sakaguchi
Production :Yoshiaki Nishimura, Toshio Suzuki, Seiichiro Ujiie
Bande originale : Joe Hisaishi
Studio : Ghibli
Distributeur : Walt Disney Company France

 

« CRITIQUE »

1) Les Origines du conte

Le Conte de la Princesse Kaguya, avant d’être un film d’animation réalisé par Isao Takahata est à l’origine un conte folkorique japonais de Murasaki Shikibu : Le Conte du Coupeur de Bambou. Celui-ci daterait de entre 850 et 950. Il s’agirait ainsi du texte narratif japonais le plus ancien.

Le Conte de la Princesse Kaguya était un projet auquel Isao Takahata pensait depuis longtemps, mais il n’avait pas jusqu’à là les techniques suffisantes pour le réaliser.
Entre la décision de faire ce projet et la sortie en salle japonaise il y aura eu 8 ans ! Initialement prévu pour le 20 juillet 2013 au Japon, il n’est sorti finalement que le le 23 novembre 2013
Il s’agit du long métrage le plus long du studio Ghibli : 2h17. C’est une durée inhabituelle pour un film d’animation et bien qu’il a eu de très bonnes critiques, le film aura fait seulement 23 millions de dollars pour un coût de 49 millions au Japon.
Par la suite, le film a été présenté au Festival de Cannes puis aura fait l’ouverture du Festival d’animation d’Annecy en 2014. Le film est sorti en France le 25 juin 2014, avec des critiques nombreuses et extrêmement élogieuses.

2) L’inspiration et la technique artistique

Pour tout vous avouer, je n’ai pas du tout accroché au film. Je l’ai trouvé long, trop long.
Pourtant, j’ose dire qu’il s’agit tout de même d’un film assez extraordinaire et cela grâce à son esthétisme et par sa technique de dessin !
J’ai donc décidé plus que de vous parler de l’histoire du Conte de la Princesse Kaguya de vous parler de sa création artistique.

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Comme certains d’entre vous l’ont déjà vu ou le verront, les dessins ne semblent pas toujours finis ou encore un peu brouillon. Au début cela peut sembler bizarre, mais ce style est un choix volontaire de Isao Takahata.
Pour ce film, il a choisi une approche graphique qui s’appuie sur le dessin à la main et plus particulièrement sur le trait. Cela donne une allure d’ébauche, qui est là pour inciter le spectateur à faire appel à son imagination ou encore à ses souvenirs.

Comme d’autres personnes, j’ai fait le rapprochement entre les dessins du film et ceux d’estampes japonaises. Cela s’explique probablement par l’influence artistique de l’art japonais du XII-XIIIe siècle (emaki) et de peinture la peinture de paysage japonais. Il s’est aussi inspiré de Cézanne et du réalisateur canadien Frédéric Back et son court métrage Crac !
L’aquarelle et le fusain donne dans Le Conte de la Princesse Kaguya une certaine pureté et une certaine authenticité à cet art.

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Un autre élément qui m’a intrigué lors du film dans le choix du dessin concerne les hommes de la lune (Ces personnages qui viennent chercher la princesse sur terre). Leur aspect était beaucoup plus riche à coté de la simplicité rappelant le traditionnel japonais.
En fait, pour ces personnages surnaturels, Isao Takahata s’est inspiré de dessins bouddhistes. Notamment en ce qui concerne le retour vers la lune, car comme il le dit dans son interview pour Première : “Dans cette tradition [bouddhiste], quand on meurt, on est emporté dans un monde parallèle, « l’Amida ». Les peintures qui y font référence représentent souvent des personnages sur des nuages, avec une troupe de musiciens…”
Ce qu’on relève du coup, à travers ces éléments, c’est que encore une fois le surnaturel se joint au spirituel dans le film de Takahata (comme cela avait déjà était le cas avec Pompoko).

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Pour réaliser ce travail pour le moins osé, original et phénoménal, Isao Takahata s’est entouré de Osamu Tanabe pour les personnages (Celui-ci avait déjà travaillé pour Mes Voisins Yamada), et Kazuo Oga pour la direction artistique du film (ce dernier avait aussi eu cette fonction pour Princesse Mononoke)
Le travail de dessin aura été énorme, mais la difficulté majeure a été d’utiliser ces esquisses comme support d’animation. Pour réaliser la colorisation, plusieurs étapes auront été nécessaire étant donné la difficulté d’associer les traits et les couleurs. En effet, il aura fallu scanner les esquisses, reproduire un calque pour y mettre les couleurs et superposer le calque couleur aux esquisses pour obtenir le résultat final.
Il y a toutefois certains cas où l’ordinateur aura été nécessaire pour le travail de couleurs pour que l’ensemble des éléments de l’image s’associent correctement.

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Mais le travail à la main reste l’élément essentiel. Cela se remarque notamment par certaines zones blanches visibles entre les traits et les couleurs qui sont le résultat d’un travail possible uniquement à la main. Ces zones sont volontaires, c’est une technique que l’équipe artistique a développé pour Le Conte de la Princesse Kaguya : animation avec des blancs.

Voilà l’essentiel de ce qui concerne la création artistique de Le Conte de la Princesse Kaguya. C’est un style d’animation osé face à toutes ces réalisations de graphisme informatique que l’on connaît aujourd’hui. Mais bien que la dimension trop spirituel pour moi et la longueur du film m’ont déplu, ce travail artistique est passionnant et j’espère vous avoir fait découvrir quelque chose.

(Sources : Buta Connection, Première)

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