ZERO THEOREM : Notre critique

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SYNOPSIS :

« Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose.  »
(Source : Allociné)

CRITIQUE :

Florent :
Nouveau film de Terry Gilliam, réalisateur de films cultes tels que Brazil ou 12 Monkeys, il revient ici avec Zero Theorem. Nous avons eu la chance de pouvoir le voir en avant-première en présence de Terry Gilliam et Mélanie Thierry. Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Madeline :
C’est un bon film dans son ensemble, mais j’avoue en être ressortie un peu perplexe. J’ai beaucoup aimé l’univers et le concept : futuriste avec un mélange de la société actuelle. Mais il manque juste un petit quelque chose pour que le film soit sublime. Qu’en as-tu pensé, toi ?

Je trouve toujours les films de Terry Gilliam intéressants. Que ce soit au niveau de la réalisation, de l’univers, des sujets sous-jacents, etc. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Zero Theorem est un film qui nous fait voyager, mais qui nous fait aussi énormément réfléchir sur des thèmes tels que l’amour, la vie, la mort.
Des sujets certes généraux, mais dans ce monde et pour ces personnages, ils sont importants.

Pour la réflexion, je suis complètement d’accord. D’ailleurs, j’ai trouvé que l’image des vices ou des habitudes de la société actuelle représentés dans le film sont introduits d’une façon originale : des personnes extravagantes, la technologie ayant une place centrale, etc.
Le film est tout de même un peu étrange, je ne pense pas qu’on puisse dire le contraire. Avec un personnage principal comme Qohen, il y a de quoi se poser beaucoup de questions tout au long du film : Pourquoi il dit “nous” ? Qu’est-ce que le Zero Theorem ? Pourquoi Qohen attend un appel de manière si désespérée ? Quelle place a réellement Management dans cet univers ?

Tu poses les bonnes questions, effectivement. Je vais commencer par la plus importante : Qu’est-ce que le Zero Theorem ? Là encore, la question est assez difficile à comprendre, mais si j’ai bien compris, Zero Theorem est un théorème qui devrait prouver que tout a été créé à partir de rien.
Pour faire court, tout ce qui existe a été créé à partir d’un rien. Donc, par extension, nous devrions être rien. Cela remet en question tout le processus de notre vie, de notre âme. Si tout a été créé à partir de rien, est-ce que l’on peut considérer que l’on a une âme ? Un corps ? Est-ce que l’on existe vraiment au final ?

Dans mon cas, j’ai trouvé la problématique assez intéressante, malheureusement, selon moi, le film n’a pas assez mis en avant cette idée et n’a pas exploré toutes ces possibilités. Par contre, je dois dire que j’ai apprécié la résolution du théorème dans l’univers cubique.

Pour rejoindre ton idée, je trouve justement que le Zero Theorem implique une dimension très philosophique au film et qui en effet, aurait pu être beaucoup plus exploité dans les instants où Qohen fait face à l’univers par exemple. Ou encore pour imager cette société futuriste qui est totalement contrôlée.

Pour ce qui est du “nous” de Qohen, est-ce pour parler de l’entité humaine ? Ainsi, on oublie la perspective personnelle du personnage et ramène tout ça à l’Humanité toute entière ? Dans mon cas, je me souviens avoir vu plusieurs fois des films où les gens parlent avec “Il” ou “nous”, mais ça a toujours été dans l’idée de se démarquer. Or, ici, Qohen n’essaie pas de se démarquer, tout le contraire, il veut qu’on l’oublie.
Quant à l’appel que celui-ci attend, c’est censé être l’appel qui lui permettra de comprendre le sens de sa vie, savoir pourquoi il existe, ce qu’il doit faire, etc. Ce qui est assez drôle est qu’on apprend l’histoire de cet appel assez tard dans la narration (et c’est assez ridicule). Pourtant, Qohen continue à y croire tout le long du film.

Et justement je trouve que c’est là où il y a un réellement une réflexion. Comme tu le dis, le “nous” serait un élément qui permettrait au personnage de disparaître de la masse humaine. Mais cet appel censé donner un sens à sa vie va justement à l’encontre de ce nous, car dans cette attente, il prend en compte sa propre personne. Un autre élément qui s’oppose encore à ce “nous”, c’est le comportement du personnage vis-à-vis de la société, il s’exclue totalement et en aucun cas essaie de se fondre dans la masse.
A mon avis, il s’agit de discordes réfléchies, mais étrangement complexes lorsque tout est associé.

Autre élément important du film est la place de l’amour et de la femme dans le monde. En effet, Mélanie Thierry est présentée comme une “prostituée” du futur (qui d’ailleurs, ne sert qu’à montrer des tenues très courtes et ses seins, malheureusement…) et une certaine forme d’amour se créer entre les deux. Mais là encore, tout n’est pas si simple : leur relation se crée dans un monde virtuel, un monde où Qohen arrive à se lâcher, mais aussi à découvrir ce qui se cache au fond de son imagination : un trou noir.

Et encore une fois, ça rejoint les mystères du théorème qu’il a à résoudre. En en parlant de ça, je trouve qu’on se rend compte que tout est plutôt bien monté en fait !
Concernant Mélanie Thierry, je ne rabaisserais pas son rôle à ce point. Effectivement, il s’agit d’une prostitué et elle est dévalorisée par son image, mais elle a quand même une place essentielle dans la narration.
Pour expliquer ceci, je vais commencer par faire la remarque qu’il y a au final très peu de personnage dans Zeor Theorem, et chacun représente un élément de la société. Or ici, Mélanie Thierry représente justement cette société de débauche. Elle est essentielle pour rappeler l’univers au spectateur étant donné que la majeure partie du film se déroule dans l’endroit où habite Qohen.

C’est vrai, ça. On ne voit pas souvent l’univers, mais les quelques fois où Qohen sort de chez lui, on a droit à des endroits étouffants : harcelé par la publicitié qui nous suit, un monde où les gens utilisent les mêmes choses (voitures, ordinateurs), où la socialisation n’est plus aussi importante (les gens sont sur leurs tablettes en soirée). Bref, un ersatz de ce qui nous attend et qui a déjà commencé chez nous.
Mais là encore, l’esprit et l’univers de Gilliam est tellement décalé, coloré, que du coup, on a vraiment l’impression d’être dans une utopie et que cela ne pourrait jamais arriver.

Je ne te rejoins pas entièrement là dessus car je trouve que justement, malgré cet aspect utopique, Terry Gilliam crée un monde dans lequel le spectateur peut se retrouver. Les bâtiments restent tels que ce que l’’on connaît, il y a juste cette couche d’image flashy de technologie et de son qui la recouvre.

C’est là l’avantage des films de Terry Gilliam, on peut les interpréter de manières différentes et pourtant, se rejoindre sur certaines choses. Prenons comme dernière exemple, la fin, qui est assez étrange et qui nous intrigue plus qu’elle ne répond au film. Tu en as interprété quoi, toi ?

Pour moi, la fin c’est comme la résolution du Zero Theorem. [SPOILER] Qohen, en détruisant la machine centrale régissant tout ce qui existe et ce qu’il connaît, se retrouve dans le néant de l’espace, le même néant qui constituait son imagination, puis il se retrouve dans la dimension virtuelle où il se retrouvait avec Bainsley (Mélanie Thierry). Mais du coup est-ce que la résolution du théorème ne serait pas justement cet anéantissement pour retourner au “rien”, à l’état zéro de l’univers. Du coup, j’interprète cette fin comme une simple résolution et un nouveau départ.

Florent : Effectivement, on est d’accord sur la même conclusion, mais pas sur le mode. Pour moi, Qohen revient à l’état primaire, celui de bébé. Pourquoi ? On peut interpréter le trou noir comme le symbole de la féminité et de la renaissance. En effet, en passant à travers, Qohen se retrouve nu avec un ballon rond, ce ballon est symbole de l’enfance, de la pureté, de l’innocence.
Qohen renaît ainsi et est prêt à recommencer et à vivre sa vie, car c’était quelque chose qui est souvent revenu dans le film : en attendant son appel pour savoir le sens de la vie, il avait oublié de la vivre.
On offre donc une deuxième chance à Qohen afin qu’il en profite.

Madeline :Une belle image. Et elle est complètement cohérente. Je viens d’ailleurs d’avoir une idée. Est-ce que Qohen ne serait pas une représentation physique du Zero Theorem qui aboutie toujours à un résultat un peu inférieur à 100%. Parce qu’en soit, l’âme et l’esprit de Qohen sont envahis par le néant, donc il est en quelque sorte “rien”. Mais pourtant, il y a toujours cet appel qui le raccroche à ce qui l’entoure, ce qui existe et cela ll’empêche d’être “rien” à 100%. Mais c’est simplement une théorie. [SPOILER]

Comme vous aurez pu le comprendre, Zero Theorem nous a fait beaucoup réfléchir. On pourrait probablement passer des heures à essayer de l’interpréter. C’est un film qui selon nous se doit d’être vu, Terry Gilliam nous aura encore une fois cloué le bec.
Retrouvez-le dans vos salles le 25 juin.

LE FILM :

Réalisateur : Terry Gilliam
Scénario : Pat Rushin
Direction Artistique : David Warren
Photographie : Nicolas Pecorini
Casting : Christopher Waltz, Mélanie Thierry, Lucas Hedges, Matt Damon

Sortie française : 25 Juin 2014

TRAILER :

AFFICHES

Voici une deuxième affiche faites par nos soins. Alors laquelle préférez-vous?

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Et enfin voici l’affiche du film :

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  • […] Zero Theorem est très bon,Terry Gilliam nous aura encore une fois cloué le bec. C’est un film avec un univers complexe mais superbe qui nous a fait beaucoup réfléchir. On pourrait probablement passer des heures à essayer de l’interpréter. C’est un film qui selon nous se doit d’être vu. Pour en savoir davantage nous vous invitons à consulter notre critique ici ! […]

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