THE HOMESMAN

The homesman, conversation, critique, film, review

SYNOPSIS

« 1855. Trois femmes sont chassées de leur village. Jugées « folles », elles sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière – forte et indépendante – venant du Nebraska. Durant le voyage vers l’Iowa, où les trois femmes trouveront refuge, Mary Bee Cuddy sauve George Biggs de la mort par pendaison, à condition qu’il lui rende service en retour. Ce rustre vagabond accepte alors de participer au voyage des quatre femmes. »
(source : Wikipédia)

CRITIQUE/DISCUSSION

Madeline :
Bon, The Homesman, maintenant qu’on a enfin vu ce film. Dis-moi ta première réaction ? Tu as aimé ? Tu t’attendais à cela en allant le voir ?

Florent :
Pour tout t’avouer, on est allés voir ce film sans vraiment savoir ce à quoi on s’attendait. Je ne connaissais pas la synopsis ni vraiment les acteurs. La seule chose que je savais, c’est que c’était réalisé par Tommy Lee Jones et qu’il avait concouru à Cannes sans rien gagner.
Donc évidemment que j’étais curieux de voir le film. Et je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la qualité de celui-ci.

Je suis entièrement d’accord, j’en avais également entendu parler seulement avec le Festival de Cannes. Et c’est un bon film, une belle découverte autant sur l’histoire racontée que sur la photographie. On se retrouve dans une Amérique très jeune que personnellement, je connais pas beaucoup. Donc la découverte était quasi totale. Les paysages du Nebraska et de la péripétie des personnages rendent le film superbe.

C’est bien l’attrait principal du film, sa photographie et ses paysages, tu as tout à fait raison. J’ai beaucoup aimé cet esprit de liberté à travers ceux-ci. Les paysages sont juste à couper le souffle, et je sais pas si tu as remarqué, mais toutes les scènes ou presque sont souvent composées d’un ou deux personnages maximum. Quant à la réalisation, on filme beaucoup de loin pour montrer la solitude des personnages ce qui rend le voyage très mélancholique et triste.
Mais il faut dire que le sujet du film n’est pas vraiment joyeux…

Non loin de là. Mais grâce à cela, on a le droit à une image, je pense, assez fidèle de ce que cela pouvait être. Une vie mélancolique et très solitaire. Ils vivent loin des autres, ne se voient pas beaucoup, etc. Comme on le voit au début du film, les rassemblements sont minuscules et les décisions se font par contraintes. Mais c’est la dureté de ce mode de vie qui donne envie de voir comment Mary Bee Cuddy va savoir se débrouiller dans cette tâche d’homme à laquelle elle est confrontée. Son personnage est d’ailleurs très bien joué par Hilary Swank.

Hilary Swank est tout simplement énorme dans ce rôle. Elle supplante de loin Julianne Moore dans la catégorie d’interprétation féminine pour Cannes selon moi. Et c’est bien dommage qu’elle n’ait pas gagné…
Mais c’est surtout lors sa rencontre avec le personnage que joue Tommy Lee Jones (Mr Briggs) que l’intrigue va se resserrer pour aborder beaucoup de thèmes.

Oui, lorsqu’elle le rencontre, ne connaissant pas du tout le synopsis comme toi, j’ai imaginé une histoire complètement différente, ne pensant pas du tout que le personnage de Tommy Lee Jones soit quelqu’un de bon étant donné le premier aperçu qu’on avait eu de lui. Mais finalement c’est bien le contraire, et l’évolution de ce personnage est très intéressante. En faisant cette action de bonté comme le dit Mary Bee Cudy, on le découvre à travers différente étape : la contrainte, le besoin, la pitié, et finalement l’envie d’aider.

C’est vrai que c’est con à dire, mais j’ai aimé la manière dont la psychologie du personnage est traitée tout le long du film. Je prendrai l’exemple de la scène de la rivière qui pour moi est le principal élément qui vient changer le personnage.

Décidant de fuir, il s’avère que les trois femmes (les folles du film) décident de le suivre car elles n’ont que lui. C’est sûrement osé de dire ça, mais je perçois cette scène dans la rivière comme une sorte de baptême. A l’époque, ils se faisaient en rivière aussi.
En essayant de traverser la rivière, il essaie de passer à quelque chose d’autre, mais est rappelé par les femmes et le fait de descendre de son cheval et de s’y tremper, c’est l’acte même du baptême. Il accepte sa condition et en renaît plus fort.

Ah oui ! J’aurai jamais vu ça comme ça, mais pourquoi pas, c’est une façon de voir ce changement.
Moi j’ai juste vu ce moment comme une prise de conscience, une remise en question et cela autant pour “les folles” que pour M. Briggs. C’est à cette étape que s’effectue le tournant principal du film, effectivement. Les femmes deviennent plus rationnelles d’une certaine manière en cherchant l’aide de Briggs, tandis que lui se rend compte qu’il n’est pas si indifférent à cette situation. Mon interprétation est beaucoup moins imagée et peut-être moins profonde, mais la tienne est intéressante.

Mais les deux se rejoignent.

Par contre [SPOILER DONC NE LISEZ PAS SI VOUS N’AVEZ PAS VU LE FILM], tu ne trouves pas étonnant la mort de Mary Bee. Jamais pendant le film, elle apparaît comme quelqu’un de malade mentalement avec des envies de suicide. Pourtant, une nuit (où ils font l’amour) avec Mr. Briggs suffit à ce qu’elle veuille se tuer. Est-ce parce qu’un refus de mariage était de trop ? Que la folie des femmes l’avait atteinte ? Tu en as compris quoi ?

Madeline :
Je pense pas que ça soit question de maladie mentale ou quoi que ce soit de ce genre. C’est vrai que cela peut paraître bizarre, mais je n’ai pas trouvé cela si choquant…
Dès le début on ressent cette envie qu’elle a de se marier, de fonder une famille et quelque chose de concret dans sa vie. Même quand elle se dévoue pour cette mission, on ressent ce désespoir qu’elle montre, qu’elle est la seule du voisinage à vivre dans une situation solitaire sans réel but et concrétisation.

Et c’est sûr qu’en voyant les jeunes femmes qu’elle aide perdre la raison, peut-être bien que quand elle se voit refuser une vie à deux par Briggs, elle se dit sûrement qu’elle préfère mourir que céder au désespoir et à la folie comme elle peut le voir à travers les trois autres femmes.
Enfin je trouve pas que cela soit si insensé comme réaction de sa part si tu prends en considération l’ensemble de sa situation. Je sais pas si je t’ai convaincu maintenant ?

Florent :
Je vois ce que tu dis. A travers la situation de ces femmes qui sont devenues folles par le médium de la famille, elle préfère en finir avant de devenir comme elles. Ca se tient complètement et ça me rassure beaucoup plus. [FIN DU SPOILER VOUS POUVEZ DE NOUVEAU LIRE]

La dernière chose qui m’embête et là encore, ce n’est pas un énorme problème. C’est la fin que je trouve bien trop longue. J’ai compris l’idée : Briggs essaie de s’intégrer dans cette société de l’Est beaucoup plus civilisée que l’Ouest dont il achète un costume, tente de jouer aux poker… Cela ne marche pas et il décide de repartir pour de nouvelles aventures et laisse derrière lui toute son aventure (la pierre tombale qui est jetée à l’eau n’est pas anodine).
Et je m’aperçois qu’au fur et à mesure que j’écris ça, la fin est justifié. Donc je parais stupide de la critiquer. Je finirai par dire qu’elle m’a paru un peu trop longue au final.

Voilà tu n’as pas besoin de mon aide pour trouver l’utilité de cette fin qui, je te l’accorde, est tout de même un peu longue. Mais franchement, c’est l’unique chose à redire.

Je pense qu’on peut simplement dire que pour découvrir une jolie histoire, rempli d’émotions et de découverte, une histoire sur la rédemption et une vie nouvelle en Amérique de l’Ouest, The Homesman est à voir.
Actuellement au cinéma, profitez-en si vous ne l’avez pas encore vu !

LE FILM

Réalisation : Tommy Lee Jones
Scénario : Glendon Swarthout
Bande originale : Marco Beltrami
Casting : Tommy Lee Jones, Hilary Swank, David Dencik, Meryl Streep, Hailee Steinfeld …

TRAILER

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