Les Poings contre les Murs

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« Le film retrace l’histoire d’Eric un jeune garçon violent qui va être transféré dans une prison pour adulte. Là, il va tenter de se faire respecter par les autres détenus et les surveillants. Mais il va surtout tenter de contrôler ses pulsions grâce à Oliver le psychiatre du centre et rencontrer un homme, Neville, qui va se révéler être son père. »
(Source : Wikipédia)

CRITIQUE :

Madeline :
J’ai envie commencer par dire que c’est un superbe film ! Digne d’être présenté en avant-première au Festival International du Film de Toronto, même si cela date. A mon avis tu es plutôt d’accord avec ça, non ?

Florent :
Complètement, une très bonne surprise ce film anglais. Tu en as pensé quoi globalement du coup ?

C’est un sujet dur, mais j’ai vraiment aimé. On rentre vite dans le film et dans l’ambiance. Et même si les personnages sont des prisonniers, on arrive vraiment à s’attacher à eux. Notamment à soutenir le personnage principal dans son évolution tout au long du film !
J’ai trouvé la réalisation très réaliste. Après tu me diras, je n’ai jamais été en prison, mais ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas d’éléments qui semblent ajoutés et exagérés cette situation, qui je dois avouer, est mauvaise.

Es-tu sûr de cela ? C’est d’ailleurs le seul défaut que je relève du film, on va dire que ça a tendance (mais vraiment pas souvent) à relever des bons gros clichés de prison (devenir homo par exemple). Mais en règle générale, il faut avouer que le réalisateur ne part pas dans la dérive de ce côté là.
D’ailleurs, tu parles d’évolution du personnage, tu pourrais nous expliquer ça un peu plus en détails ?

Je suis d’accord, il y a des clichés comme celui que tu as cité, mais c’est probablement une réalité qui se retrouve souvent. Mais en disant que c’est réaliste, je pense plutôt au fait qu’il n’y a pas d’effets ajoutés ou de moments surjoués qui gâcheraient complètement.

En ce qui concerne l’évolution du personnage, celle-ci se fait très bien. Eric Love est au début un jeune un peu buté qui ne sait pas se contrôler. On apprend même que son arrivée en prison est plus ou moins volontaire pour pouvoir rencontrer son père. Mais une fois qu’il rencontre celui-ci, il marche peu à peu vers l’opposé de sa personnalité, il devient sensé et beaucoup plus raisonnable. Cette avancée de sa personnalité est géniale, on la constate, mais elle n’est pas flagrante dès le début. Jack O’Connell nous montre, ici, une interprétation magnifique.

Ah ça, c’est difficile de le renier. Cet acteur est éclatant dans ce rôle, torturé, ne sachant pas quoi faire, quoi vouloir, quand il se fait maltraité, quand il maltraite des gens, … Il est sublime dans toutes ces situations.
Mais c’est pas le seul personnage à être réussi, je dois dire que tout les personnages sont particulièrement bien traités. Chose que je regrette est que le background de certains n’ait pas assez approfondi, et c’est bien dommage.

Pour moi, ce film tourne autour de la thématique de l’enfant et de son père. Lorsqu’on grandit, on considère souvent notre père comme son héros, et au fur et à mesure que l’on grandit, on essaie de s’en détacher, de montrer que l’on est meilleur, plus fort.
Ici, Eric Love n’a jamais connu toutes ces étapes. Il n’a pas eu la chance de les vivre sachant que son père était en prison.
Comme tu l’as dit, il fait limite exprès de se faire transférer dans cette prison pour être avec son père.

Et c’est donc à partir de là que ce fait tout ce cheminement entre Eric et son père : on passe par le respect, la colère, l’affrontement, la réconciliation. Pour finir… Non, je vous raconterai pas la fin.

Bien évidemment, le thème de la famille et de la relation père/fils sont là essentiels. C’est probablement la raison pour laquelle on s’accroche autant à ces protagonistes, en espérant une évolution positive.

Pour revenir sur ce que tu as dis concernant le background de certains personnages, j’ai trouvé dommage de ne pas en apprendre plus sur Oliver, le “professeur/coach”. A un moment du film, ils parlent de la raison de sa présence, mais on en apprend rien. Et franchement j’aurais aimé savoir !

Il me semble d’ailleurs qu’ils en rigolent car lorsque Oliver va se présenter auprès de Eric, il lui dit quelque chose comme “C’est le moment où vous allez vous lâcher et m’expliquer que vous pouvez me comprendre”
C’est dit sous le ton de l’humour et c’est de l’auto-dérision pour le film car c’est ce qui se passe.

Exact, j’avais oublié ce passage !
Bon, sinon il me semble que il y a quand même un élément qui t’a particulièrement perturbé dans ce film, non ? Parlons un peu musique.

C’est bien simple, il n’y en a pas. Un élément qui m’a énormément troublé je dois avouer. Ca faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé de ne pas écouter de musique dans un film (j’ai même pas d’exemples en tête). Ce que je trouve bizarre, c’est ce choix dans la mesure où au final, les gens écoutent de la musique dans leurs cellules (mais celle-ci n’est jamais mise en avant).

Je peux comprendre ton point de vue. En ce qui me concerne ça ne m’a pas du tout choqué. Comme tu le sais, la musique d’un film est rarement ce que je remarque.
Mais après l’avoir remarqué, je trouve que c’est un choix sensé. Le film prend place dans une prison, c’est un endroit qui se doit d’avoir une ambiance pesante, voir monotone. Donc cette absence de musique peut très bien s’expliquer, et selon moi c’est un bon choix, bien qu’étonnant.

Et cet élément est encore plus mis en exergue par la réalisation qui vient souvent se placer dans des espaces clos et en les manipulant en les rendant énormes pour une personne (cellule d’isolement), des espaces où bon nombre de personnes peuvent être, etc.
Mais c’est surtout la réalisation des scènes de bagarres dans les cellules qui reste impressionnante. L’action est clair, limpide, ce n’est pas fouillis et on comprend tout. Le réalisateur choisit de montrer des deux côtés : de l’intérieur de la cellule et de l’extérieur. Preuve qu’ici, on est pas dans un récit manichéiste où il y a des bons et des gentils. Chacun a sa part d’ombre.

Pour continuer sur la réalisation, un élément qui m’a marqué et que j’ai trouvé un peu bizarre, ce sont ces plans fixes sur un espace vide que l’on retrouve à plusieurs moments. Ça ne t’a pas perturbé ?

En fait, je leur cherche surtout une signification. Peut-être montrer que la vie s’arrête de tourner à un moment donné, je ne sais pas. Je dois avouer que je pêche un peu. Ces plans fixes avec un élément qui bouge et qui s’arrête au fur et à mesure, tu y as compris quoi ?

Je pensais que tu éluciderais ce mystère. Mais bon, j’ai quand même mon interprétation. Ça rejoint pas mal d’éléments qu’on a déjà pu dire sur l’ambiance de prison. Les choses évoluent, mais lentement et stagnent souvent. Or, on voit souvent des portes dans ces moments et celles-ci imposent une limite à la prison. Mais on voit jamais de l’autre côté. Le mouvement montre que les choses sont comme stoppées dans le temps, dans un endroit comme celui là. Du coup, est-ce que ces plans seraient une métaphore de la prison, mais aussi à l’évolution de Eric Love qui évolue doucement, mais qui ne lui ouvre pas les portes vers la liberté, malgré tout ? Je ne pense pas qu’on le saura pas.

Comme vous l’avez compris, Les Poings Contre Les Murs amène une certaine réflexion auprès de l’équipe. Si vous l’avez vu et que vous avez la vôtre, n’hésitez pas à la partager.
Si vous n’avez pas vu le film, on vous conseille fortement de prendre 1h45 de votre temps afin d’aller voir cette pépite qui nous vient tout droit d’Angleterre.

LE FILM :

Réalisateur : David Mackenzie
Scénario : Jonathan Asser
Photographie : Michael McDonough
Casting : Rupert Friend, Jack O’Connell, Ben Mendelsohn, Sam Spruell
Distribution France : Wild Side en association avec Le Pacte

TRAILER :

 

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L'équipe fondatrice du site, composée de Florent et Madeline. On écrit de temps en temps à deux mains, ou à quatre. On vous propose notre vision des choses !

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