MAPS TO THE STARS

maps to the stars, poster, affiche

SYNOPSIS

« Stafford Weiss est un psychothérapeute et coach particulier ayant construit sa fortune grâce à des livres de développement personnel. Sa femme est à la fois la mère et la manageuse de leur fils de 13 ans, une star de la télé tout juste sortie de cure de désintoxication. Agatha Weiss vient elle de sortir d’hôpital psychiatrique. Elle va se lier d’amitié avec un conducteur de limousine qui rêve de devenir une star de cinéma. Quant à Havana Segrand, l’une des clientes de Stafford, elle est une comédienne dotée d’un nouvel assistant très particulier. Le rêve d’Havana est de reprendre le rôle qui a fait connaître sa mère décédée dans un film des années 1960, mais elle se perd dans ce souhait vicieux, obsédée par une figure maternelle morte qui la hante… »
( source : Wikipédia)

Critique/discussion :

Madeline :
Nous avions pas mal entendu parler de ce film avec le festival de Cannes. Un film de Cronenberg avec un très bon casting. Et c’est avec Maps to the Stars que Julianne Moore aura eu une Palme d’Or pour son interprétation. Qu’est ce que tu en as pensé globalement ?

Florent :
Écoute, contrairement à toi qui n’a pas vraiment aimé le film (je pense qu’on reviendra dessus plus tard), je trouve que c’est un très bon film par les thématiques qu’il aborde, mais aussi les personnages qui sont mis en scène.
Cronenberg réussit ici à montrer un visage vicieux d’Hollywood (qui est sûrement vrai) et une galerie de personnages tous plus bizarres les uns que les autres.

Et toi, alors ?

Je ne dirai pas que je ne l’ai pas aimé, mais plutôt que je n’ai pas accroché sur la totalité. Malgré un sujet intéressant, comme tu l’as dis. A vrai dire, j’ai trouvé le film un peu lent et long. Je pense que c’est avant tout à cause du rythme du film, car en prenant du recul, l’histoire était très bien. Les personnages sont superbes et l’histoire tordue, mais intrigante. Ces deux éléments m’auront fait tenir tout le film, parce que j’avais l’envie de savoir les liens qu’il y avait dans ce scénario et quelle serait la finalité.

C’est vrai qu’on suit beaucoup les pérégrinations des personnages. Certes, des liens entre personnages s’expliquent au fur et à mesure du film et on a une finalité et une intrigue tout du long. Pourtant, c’est vrai que l’on a du mal à avoir ce “je ne sais quoi” qui pourrait rendre le film dingue.

Mais cela n’empêche pas d’être face à un très beau film. Et ce par les deux thèmes du film :
– Le premier qui paraît être le plus important (mais qui ne l’est pas) est évidemment la critique du système d’Hollywood. Et cela profite à Cronenberg qui n’est pas forcément un fan de ce système (c’est d’ailleurs la première fois qu’il tourne des images à Los Angeles). On se retrouve face à bon nombres de piques, de situations qui sont certes clichées de ce monde, mais tellement vraies.
– Ensuite, la dimension des personnages et comment ils vivent face à ce monde. Le personnage interprété par Julianne Moore est en déclin, la quarantaine, elle se doit de retrouver un rôle digne de son talent. Evan Bird qui interprête Benjie, un enfant star qui en a sûrement vu trop. Et pour finir, sa famille à problème : Agatha Weiss, la fille, Staford et Christina Weiss les parents.

Le premier thème parait le plus important, surtout avant d’avoir vu le film, c’est-à-dire avec le synopsis et la bande-annonce. Mais pendant le film, en ce qui me concerne en tout cas, on se concentre avant tout sur les personnages et leurs histoires, leur vies.
Comme nous l’avons déjà dit c’est quand même les relations entre les différents protagonistes qui se trouvent au centre de ce film, et surtout le rôle de Mia Wasikowska. Elle a d’ailleurs un rôle superbe et l’interprète à merveille, je trouve. L’évolution et la découverte de Agatha est magnifiquement mis en place, tu ne trouves pas ?

Clairement, si une actrice devait avoir la Palme d’Or, c’est elle et non pas Julianne Moore. Je suis désolé de dire ça, mais je dois avouer que sa prestation est quand même en dessous de celle de Mia.
Je trouve que celle-ci se retrouve à jouer un personnage de toute beauté : innocente, mais aussi pleine de surprises tout le long du récit. On est face à quelqu’un de torturé, regrettant les choix qu’elle a fait et voulant se racheter. Mais au près de qui, elle-même ou les autres ?

Agatha est un personnage difficile à cerner justement. Et cela fait d’elle une intrigue à part entière. Et je suis complètement d’accord avec toi pour ce qui de la Palme. Julianne Moore joue très bien mais ce n’est en aucun cas son personnage qui m’aura fait accrocher à Maps to the Stars.
Mise à part la prestation des personnages, qu’est-ce que tu as relevé?

Toute la dimension et la symbolique autour de la psychologie des personnages est juste incroyable. Des sortes de visions ou fantômes apparaissent à plusieurs des personnages. Ceux-ci font influencer leurs choix et leurs actions. Sont-ils le reflet d’un effet surnaturel ? Ou simplement le fruit de leurs imaginations ?
En tout cas, ils amènent à se poser beaucoup de questions vis-à-vis des protagonistes.

La preuve que j’ai moins accroché à ce film, j’avais complètement oublié la présence de ces personnages fantômes. Plutôt qu’un effet surnaturel ou le fruit d’imagination, même s’ils sont mis en avant comme cela dans le film, je les ai plutôt interprétés comme étant l’image de la folie d’Hollywood ou encore le besoin de dominer ou encore cette peur de l’inconnu qui se retrouve très bien dans le personnage de Benjie.

Tu vois, toi qui pensais que tu aurais rien à dire sur le film, c’est le contraire.
Autre chose qui me torture sur ce film est la relation mère/fille qui découle de tout ça.
Dans les deux cas du film, on est dans une relation de peur à l’autre. Chose étrange quand la mère est censée être le noyau social d’un individu. Et si celui-ci se perd ou se fragilise, des troubles ou problèmes peuvent apparaître. Et c’est le cas ici. (Avec le personnage de Julianne Moore et Mia)

Mais de l’autre, on est face à une mère poule choyant son fils et qui est prête à tout pour le sauver. Des relations difficiles à percevoir dans tout ça.
Et pour enrober le tout, on a aussi la thématique de l’inceste qui est au dessus de tout les personnages et qui vient nous rappeler que ce monde est malsain.

Et autour de toutes ces relations compliquées et ambiguës, le seul qui tire son épingle du jeu en étant normal, c’est bien Jerome Fontana interprété par Robert Pattinson (qui d’ailleurs, ne m’a pas du tout choqué. L’acteur essaie de se faire une reconversion vis-à-vis de Twilight et ça marche !)

Deuxième film de Cronenberg dans lequel il joue et pour les deux c’est une réussite, j’ai trouvé, même si Cosmopolis était trop compliqué à comprendre…

Je ne peux pas dire, malheureusement, je ne l’ai pas encore vu (à rattraper, c’est ça ?)

A toi de voir, je serais incapable de le revoir.

Tant pis, je le ferai sans toi. Et pour finir, ce que j’ai beaucoup apprécié est aussi le travail de réalisation de Cronenberg sur Maps To The Stars, et je retiens particulièrement une scène de réunion avec des pontes de studios, Benjie, son agent et sa mère. Au lieu d’avoir des plans généraux, on se retrouve face à une mosaïque de plans des personnages filmés uns à uns. Preuve que le monde d’Hollywood est définitivement un monde d’égoïste et d’égocentrisme.

Bonne observation. Comme vous (cher lecteurs) pouvez le voir, notre avis est nuancé. Il s’agit toutefois d’un bon film riche autant sur le plan de l’interprétation que sur celui de la scénarisation. Il mérite le détour. Donc si vous en avez l’occasion, regardez-le.

Le Film

Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Bruce Wagner
Casting : Julianne Moore, Mia Wasikowska, Evan Bird, John Cusack, Robert Pattinson
Palme d’interprétation pour Julianne Moore au Festival de Cannes

TRAILER

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