Eastern Boys

Eastern Boys

SYNOPSIS :

“Daniel aborde Marek dans une gare parisienne où ce dernier traine avec sa bande. Il lui propose de le retrouver chez lui le jour suivant. Mais lorsque Daniel ouvre la porte de son appartement le lendemain, il est loin d’imaginer le piège dans lequel il s’apprête à tomber et qui va bouleverser sa vie.”
(Source : Allociné)

CRITIQUE :

Eastern Boys est le nouveau film écrit, réalisé et monté par Robin Campillo (dont son film Les Revenants, sorti en 2004 a inspiré la série de Canal +). Sans revenir sur le synopsis que vous pouvez lire plus haut, il s’agit d’un film lent avec une ambiance pesante, mais qui a fait mouche auprès de l’équipe Cinécomca.

ATTENTION : Cette critique est complètement rempli de spoiler, on vous raconte vraiment tout le film en analysant certains aspects.

Eastern Boys est une film construit en quatre actes d’une durée hétérogène qui permet de mieux diviser le récit et la construction des personnages.

Le premier acte est l’acte d’exposition. On se retrouve donc face à la vie quotidienne de la Gare du Nord mais aussi d’un petit groupe de jeunes venant de l’Est. Pour tout dire ce qui nous a scotché est la fluidité des plans de la gare et de tout ce qui l’entoure. On se retrouve face à un acte sans aucun dialogue, simplement des scènes de vie, de ce que fait cette bande pendant la journée.
Ce qui nous avons trouvé bizarre (enfin, ce n’est pas bizarre, c’est juste qu’on s’y attendait vu les clichés), c’est qu’en aucun cas, on est face à des cas de vols ou de bastons. Tout ce qui pourrait être négatif et cliché sur les gens de l’Est est bousculé puisqu’on découvre simplement des jeunes essayant de s’occuper.
La fin de ce premier acte se conclut par la rencontre entre les deux protagonistes : Daniel et Malek et leur arrangement. D’ailleurs, nous devons avouer qu’on a trouvé ça étonnant que l’accord entre ces deux hommes se passent aussi rapidement et qu’il n’y ait eu aucun quiproquo.

Le deuxième acte est sûrement le plus bizarre de ce film. Après s’être fait investi son appartement par le groupe, Daniel reste stoïque et les laisse faire. Pourquoi ? On a très vite compris lors des scènes de danse sur la magnifique musique de Arnaud Rebotini. On a vu là un homme revenant à un état primaire. En effet, de nos jours, nous sommes tout le temps connectés, on est surveillé et l’avis de nos pairs comptent énormément.
Ici, on voit bien que Daniel se lâche, il se détache de tout lien social, se laisse piller son ordinateur, sa TV. Il veut peut être en laissant faire redevenir libre, rechercher quelque chose d’autre que la routine du métro/boulot/dodo.
On se retrouve face à un acte rempli de plans très courts en plan serré, des fondus entre les différents moments ce qui vient accentuer le côté folie et abandon du personnage.

Mais on en apprend un peu plus sur les personnages extérieurs tels que Boss qui possède une psychologie importante. Il arrive à expliquer que ce qu’ils font (venir et piller l’appartement) est tout à fait normal, il reste calme, posé, il explique simplement. 20 secondes après, on le voit tabasser un de ses amis pour un simple geste déplacé et revenir pour danser dans le salon… Boss est un individu controlant mal son sang-froid.

Le troisième acte est la reconstruction et la découverte de l’autre. La première chose qui nous a choqué, c’est lorsque Malek revient. Daniel, après avoir tout perdu, estime quand même qu’il doit le payer pour sa “prestation”. On arrive à percevoir Daniel comme un personnage qui est sûrement frustré et énervé par la situation dans laquelle il est, mais il reste doux et attentionné. On sent qu’il s’inquiète déjà pour Malek. Au fur et à mesure, on s’aperçoit que Malek s’attache de plus en plus à Daniel, tout en restant très distant.
C’est lors d’une scène où Malek va se confier (jusqu’à dire son vrai prénom) que la situation entre les deux va changer. Un vrai cocon va se créer autour de leur relation. Étonné et sûrement empathique envers la situation de Malek, Daniel décide de le prendre sous son aile. Malek passe d’amant à protégé.

Et la dernier acte est sûrement celui de l’acte du climax et de la délivrance. On se retrouve face à une partie avec beaucoup plus de tension et d’action. On passe ainsi à d’un acte à deux à un acte à plusieurs. On découvre de par la même occasion tout ce qui se passe pour ces gens de l’Est, où ils vivent, comment ils vivent, …
Ce dernier acte est l’occasion de voir l’attachement entre ces deux personnages, mais aussi la tristesse des conditions de vie des gens de l’Est.

Eastern Boys est donc un très bon film, doté d’une esthétique puissante, une B.O faite par Arnaud Rebotini et des acteurs bourrés de talents. A voir d’urgence !

Réalisation : Robin Campillo
Scénariste : Robin Campillo
Montage : Robin Campillo
Bande originale : Arnaud Rebotini
Casting : Olivier Rabourdin, Kirill Emelyanov, Daniil Vorobyov, Edéa Darcque Camila Chanirova, Bislan Yakhiaev

A propos de l'auteur Voir tous les articles Site de l'auteur

Cinécomca

L'équipe fondatrice du site, composée de Florent et Madeline. On écrit de temps en temps à deux mains, ou à quatre. On vous propose notre vision des choses !

Laisser un commentaire