La Crème de la Crème

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SYNOPSIS :

Trois élèves d’une école de commerce décident de monter un réseau de prostitution afin de satisfaire les envies des étudiants.

CRITIQUE :

Nouveau film de Kim Chapiron (Sheitan, Dog Pound), La Crème de la Crème est un film qui nous a attiré pour sa vision de la jeunesse et des étudiants en 2014, mais aussi pour son sujet plus qu’atypique et pourtant, en accord avec l’époque.

Pourquoi le thème de payer pour du sexe, ou être payé pour voir des gens est totalement en accord avec notre époque ? C’est simple, le sexe a toujours été un moyen de montrer qu’on a du pouvoir. C’est indéniable. Depuis, c’est aussi devenu un énorme marché : la pornographie sur Internet, les sites de “rencontre”, …

On comprend que le thème de ce film peut paraître misogyne, réducteur pour la femme. Mais il faut remettre ça en perspective. Quand on sait qu’un site se donne pour accroche “Au supermarché des rencontres, les femmes font de bonnes affaires” ou encore “Le 1er site de rencontres extra-conjugales pensé par des femmes”, on se demande pourquoi le sujet du film choque tant.

Kim Chapiron arrive dans La Crème de la Crème a ne jamais tourner dans le dégradant, l’irrespect total du corps de la femme. En effet, il est répété de nombreuses fois que les personnes participant à ce réseau ne sont pas obligées de faire quoi que ce soit. Simplement être payé pour venir à une soirée et rester avec quelqu’un. Ne serait-ce pas le même principe que escort girl/boy ? Ça n’a jamais vraiment choqué les gens, ça.

L’autre partie du film qui a énormément été critiquée est la vie des jeunes dans cette école de commerce. Décriée comme caricaturale (ce qui est vrai dans une certaine mesure), on sent vraiment qu’il y a eu un travail en amont pour montrer ce qu’étaient les soirées étudiantes. Et ça marche ! Le genre de soirée que l’on voit dans le film est précisément ce qui peut arriver en semaine ou le week-end.

D’ailleurs, c’est toujours aussi drôle de voir que malgré cette jeunesse décadente, ils se retrouvent à chanter du Michel Sardou, du Michel Fugain. Preuve d’un élitisme social ? D’une culture plus affûtée que leur moyenne d’âge ? Ou simplement, un enfant rebelle qui se rapproprie les chansons de ses parents ? Là encore, le choix est à faire, mais ce n’est pas anodin.

Pour finir ce petit billet (ce n’est plus vraiment une critique), on va essayer de vous parler de la fin sans vraiment vous spoiler (oui, on aime les défis). La fin de La Crème de la Crème est choc, inattendue et vient complètement basculer les codes de tout le film. On se retrouve face à une action reptilienne, une pulsion primaire et sexuelle. Mais justement, là où pendant tout le film, le sexe est vendu tel un vulgaire paquet de cigares, Kim Chapiron casse tous les codes de son film afin de montrer que la dimension commerciale au sexe existe bien de nos jours, mais que celle-ci ne pourra jamais égaler la simple pulsion/envie d’une personne.

Réalisation : Kim Chapiron
Scénario : Kim Chapiron, Noé Debré
Musique : Ibrahim Maalouf, Raphael Hamburger
Casting : Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge, Karim Ait M’Hand, Marine Sainsily.

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