Patéma et le monde inversé

Patema

Synopsis:

« Après une catastrophe écologique, la terre se trouve séparée en 2 mondes inversés ignorant tout l’un de l’autre. Dans le monde souterrain, Patéma, 14 ans, adolescente espiègle et aventurière rêve d’ailleurs.
Sur la terre ferme, Age, lycéen mélancolique, a du mal à s’adapter à son monde totalitaire.
Le hasard va provoquer la rencontre des 2 adolescents en défiant les lois de la gravité. »
(source : Allociné)

Critique :

Patéma et le monde inversé nous a au début extrêmement fait penser au concept du film Upside Down de Juan Solanas. On retrouve en effet beaucoup de similarités. Deux mondes opposés : un qui vit dans l’obscurité et l’autre dans la lumière. Un monde riche et un monde industriel et pauvre. Les deux mondes évitent tout contact, car être en relation avec l’autre monde est mal vu et interdit.

Pourtant Yasuhiro Yoshiura avec Patéma va selon nous, plus loin dans sa vision des mondes inversés que Upside Down. La science-fiction de ce film est travaillée, on y découvre un monde qui défit les lois de la gravité avec attention. Avec Patéma il y a des tournants et rebondissements qui réussissent à capter notre attention. On ne tombe pas dans le niais total qu’aurait pu provoquer l’histoire entre les deux adolescents : Patéma et Age. L’histoire se rattache toujours à la vie entre les deux mondes, les conflits et l’origine de la catastrophe écologique ayant provoqué cet inversement.

Le scénario, tout de même compliqué, reste plus approprié aux adultes qu’aux enfants qui risquent de ne pas suivre le fil de l’histoire. Pourtant, on retrouve des éléments qui donnent une dimension très enfantine au film animé : des réactions des personnages ou encore des dialogues très classiques et peu recherchés que l’on peut retrouver dans l’animation japonaise.
Selon nous, en plus, la logique se gâte un peu vers la fin. On ne va spoiler mais, si on réfléchit à l’ensemble de ce qu’on a vu des mondes inversés et de leurs histoires communes, la fin ne nous a pas semblé coordonner avec le reste et avec la catastrophe d’origine. On reste un peu perplexe devant cette fin.

Concernant le dessin, tout au long du film, on découvre des visuels dans l’ensemble magnifiques. Les paysages de la « surface » tout comme les coins plus reclus des « sous-sols » sont bien travaillés. On a particulièrement aimé les paysages du monde d’en haut : une esthétique totalitariste dans un urbanisme clair, simple et épurée. Les transferts, faits lorsqu’on « se retourne » pour être dans le sens de vision du monde où l’on se trouve, sont bien maîtrisés. Et c’est le petit plus du film. Yoshiura décide la plupart du temps de suivre le point de vue du personnage plutôt que du monde, donc on peut avoir de nombreuses scènes à l’envers en fonction du personnages. Mais on ne se sent pas bouleversé.

Toutefois, il y a un élément essentiel que l’on peut reprocher concernant le dessin du film, et il s’agit bien des personnages. Contrairement à l’ensemble du film, le design des personnages n’est absolument pas sophistiqué. On se retrouve avec ce qu’il y a de plus basique, des visages grossiers avec de grands yeux typiques du dessin de manga et des expressions du visage clichées.

­­Patéma est un film appréciable, mais on reste sur notre faim à cause de la confusion et du design des personnages qui aurait rendu le visuel d’ensemble exceptionnel.

Réalisateur : Yasuhiro Yoshiura
Scénario : Yasuhiro Yoshiura
Studio : Studio Rikka
Casting voix : Yukiyo Fuji, Nobuhiko Okamoto, Shinya Fukumatsu, Masayuki Katô, Shintarô Ôhata

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